Interview Une Herbaliste : Rebecca Altman

Bienvenue Rebecca Altman,
C’est très aimable à toi de permettre cet évènement et je suis heureux d’accueillir une herbaliste si active et productive !
Grâce à tes articles sur les tempéraments et les humeurs  je n’ai plus honte de m’affirmer en tant que lymphatique-sanguin-bilieux-contrarié.
Cette grille de lecture des tempéraments permet aux apprentis herbalistes de nous équiper de nouveaux outils pour évaluer les besoins.
De plus c’est excellent pour le développement personnel et je te suis très reconnaissant de partager avec nous autant de savoirs.
Rebecca Altman, tu viens de d’Ecosse et vis actuellement à Los Angeles. Tu es ce que l’on peut appeler une herbaliste hardcore car tu ramasse tes plantes et récolte l’inspiration dans la nature. Tu prépares, infuse, décocte et teinture tes butins pour fabriquer chaque mois un paquet surprise gorgé de merveilles pour se soigner se traiter et se gâter .
Et comme si cela ne suffisait pas, tes articles de fond sont passionnants tout comme les newsletters et tu enseigne pendant des stages.
Merci donc d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions :

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-Ma première question serait sur l’histoire et la trajectoire: où nous en sommes est souvent le résultat d’une décision prise il y a longtemps. Peux-tu nous dire quelle a été l’étincelle qui t’a fait choisir le chemin de l’herbalisme et ce qui a ensuite entretenu les braises de la passion ?

Quand j’avais onze ou douze ans, j’habitais en Ecosse et j’avais l’habitude de partir pour la journée dans les bois. Je me préparais un sac à dos avec le nécessaire : quelques pommes de terre, de l’eau et des allumettes. J’allais aussi loin que possible avec mon vélo, marchais jusqu’à la rivière, me préparais un petit feu et grillais mes patates au bout d’un bout de bois en prétendant que c’était de la viande chassée dans la nature. A cette époque, je n’avais pas de grandes théories philosophiques sur ce que cela signifiait, je savais juste que je souhaitais en savoir plus…avoir capacité d’attraper des choses, de connaitre mon environnement, de continuer à arpenter les bois et d’y vivre.
C’était une pulsion tellement instinctive que ce n’est que des années plus tard que j’ai compris que c’était la pulsion de connexion au monde autour de moi.
Et cette pulsion est ce qui m’a ramené à la nature et aux plantes.

J’ai été diagnostiquée bipolaire par erreur après le décès de ma sœur, et j’ai commencé à prendre un cocktail de médicaments psychotropes. J’étais en vrac physiquement et mentalement, et je n’avais pas idée de la façon de m’en sortir ne sachant pas ce que je voulais.
En vérité, je pense qu’inconsciemment, je ne voulais pas du tout être moi-même, et que je cherchais à m’échapper.
Mes parents, bénis soient-ils, voyaient la situation clairement et ils m’ont emmené vivre avec eux dans le désert de Californie, et m’ont aidé à trouver quelqu’un pour m’aider à décrocher des médicaments. Ce faisant, j’ai commencé à randonner tous les jours dans les montagnes qui entouraient le désert. C’est dans les montagnes que j’ai commencé à me souvenir de cette émotion, celle de la recherche d’une connexion, celle d’avoir envie de passer des heures, des jours, toute une vie, ici, et de connaitre le monde qui m’entoure de manière aussi intime que ma famille.
Je me suis emparée de ce sentiment, et je l’ai poursuivi, et il m’a mené, tout simplement, sur mon chemin actuel.
Pour aviver les braises, je garde ce sentiment dans mon cœur. Celui qui me guidait dans les bois et la nature depuis le début. C’est une émotion de joie et d’envie et de désir de découvrir.
Ca me guide parfois à de l’herbalisme et parfois à des choses qui n’ont rien à voir (j’étudie actuellement une méthode de culture physique), mais j’ai confiance dans le fait que ce me gardera sur la voie de faire ce que j’aime.

-As-tu déjà pensé que l’herbalisme pouvait être un appel ? Que c’est quelque chose qui répond à un profond besoin de la société d’avoir quelqu’un qui puisse être l’interface avec la santé au naturel ?

Absolument. Je pense que la société dans son ensemble est tellement déconnectée de la terre et de ses cycles naturels et que les gens ont besoin de cette connexion plus que jamais. Je pense que la plupart d’entre nous n’écoutent pas leur propre corps ne se connectent même pas avec leur PROPRE ETRE. Comment pouvons-nous nous relier au monde qui nous entoure si nous n’écoutons même pas notre propre corps ?!
L’herbalisme guide les personnes vers une connaissance de sois approfondie, et relie aussi les gens aux plantes.
Ce qui à son tour nous connecte à la terre. Les herbalistes tout autour du monde aident à restaurer cet équilibre qui a été chamboulé il y a si longtemps, par ce simple fait.

-Quelle fut ton plus gros obstacle pour devenir herbaliste?

Mon plus gros problème a été de devenir stable financièrement pour travailler en tant qu’herbaliste. Je savais que je ne voulais pas être clinicien à plein temps (mon cursus est dans les arts visuels, et je suis bien plus intéressée par le temps passé à concocter des choses plutôt que d’être en face à face avec des gens), mais je ne savais pas comment créer ma place ou je pourrais subvenir à mes besoins en vendant mes produits. Je n’y suis pas arrivé seule. J’ai la chance incroyable d’avoir eu mon mari qui m’a soutenu à cette époque aussi. Mais l’époque où j’ai lancé mon affaire a été très difficile, surtout de ne pas m’épuiser dans le processus.

-L’herbalisme est quelque chose qui infuse profondément l’individu. As-tu déjà rencontré des problèmes pour trouver un équilibre dans ta vie au quotidien, dans ton environnement ?

J’ai le sentiment que l’herbalisme est ce qui m’a aidé à atteindre un point d’équilibre dans la vie, sans lequel je serais toujours écrasé par un système où je vois les gens au quotidien.
Ca a démarré par vivre au rythme des saisons, à devoir mettre des choses en attente durant l’été car je travaille avec beaucoup de plantes, ou de plus voyager au printemps pour ramasser des plantes, ou de me reposer en hiver parce que je suis physiquement épuisée.
Toutes ces choses ont commencé à survenir naturellement grâce à mon travail avec les plantes.
De fait, ma vie est devenue bien plus équilibrée. J’ai beaucoup ralentis. J’ai commencé à prendre plus soin de moi, et par voie de conséquence, les gens autour de moi ont commencé à faire la même chose.
Pas juste mes clients (les clients font souvent cela parce qu’ils s’y sentent obligés car ils ne sont pas bien, mais c’est rarement un choix de mode de vie basé sur la volonté d’en faire moins !), mais mes amis, ma famille et ma communauté en général.
Je pense que lorsque vous commencez à vivre à votre propre rythme en étant connecté au monde autour de vous ça crée un effet d’ondes. Les gens le voient et veulent la même chose, même s’ils ne savent pas ce que « c’est ». Et je tente de l’expliquer par petits fragments, avec des buts facilement atteignables, plutôt de de préconiser un changement massif devant arriver tout d’un coup (ce qui parait impossible à la plupart des gens).

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wildrootbotanicals.com

-qu’est ce qui te tracasse vraiment?

Vraiment ? Le niveau d’auto punition et de dégoût de soi que je vois dans le monde. Il y a tant de gens qui s’obligent à tenter d’être quelque chose qu’ils ne sont pas, quelqu’un qu’ils ne sont pas, que c’en est très douloureux à voir. Ne serait-ce que la façon dont les gens s’alimentent, ou s’obligent à faire de l’exercice, ou à se lever tôt.
Il existe une façon de voir où vous pouvez manger des choses magnifiques, bouger votre corps et dormir et cela deviens une source de joie.
Ou alors il y a à la vision où vous faites ces choses et c’est de l’auto punition. Je vois tant d’auto punition et si peu de joie.
Je veux aider à changer cela.

-Lorsque tu as passé une journée entière à monder des fleurs de calendula, quelle chanson te vient à l’esprit?

Aucune ! Bien que j’écoute beaucoup de musique en travaillant (Radiohead et Alt-J sont mes préférés)

-As-tu le sentiment d’avoir une (des) plantes amie(s), à laquelle tu penses sans raison particulière, où à laquelle tu as le plus facilement recours ?

Je viens juste de passer quelque temps dans l’état de Washington (au nord est des USA) et me suis totalement enamouré des tuja de la bas.
C’est donc la prochaine plante avec laquelle j’aimerai travailler. Mais en ce moment j’ai des plantes alliées très proches avec lesquelles je travaille couramment, et dont je m’entiche quel que soit le produit du mois sur lequel je travaille pour ma boite surprise (Un colis de saison que je fabrique, basé sur un thème, que j’envoie à des abonnés).
Donc ce mois-ci, je travaille avec les champignons médicinaux et suis totalement enchantée par leurs nuances. Je deviens profondément impliquée avec les plantes que je travaille : Je mijote des bains, des décoctions, des huiles, ou j’essaie de me les appliquer sur le corps de toutes les façons imaginables, pour les connaitre plus intimement, pour que je puisse communiquer leur message plus clairement.
Ce mois-ci je travaille avec le reishi (Ganoderma), la queue de dindon (Trametes versicolor) et le chaga (Ionotus obliquus) en profondeur.

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-Quel est le conseil que tu donnes le plus fréquemment à tes élèves?

Je n’ai pas d’école, donc je n’ai pas d’étudiants, mais quand des gens m’écrivent pour me demander mon avis sur leur parcours d’herbaliste, l’avis le plus courant que je donne est de ne jamais se détacher de son propre corps et des plantes. Essayez des choses, constamment, soyez curieux et restés connectés. Toute connaissance intellectuelle est inutile si vous perdez le contact avec les plantes.

-As-tu des influences surprenantes?

Beaucoup de mes influences viennent du monde de l’art ! Je suis très intéressée par l’art aborigène dernièrement, car ça ressemble beaucoup à la façon dont je perçois le monde parfois : Je m’émerveille du monde fantasmagorique de la culture des aborigènes australienne, et si c’est quelque chose que nous pouvons tous voir, de partout, parce que ça ressemble beaucoup à une réalité avec laquelle je suis familière.
J’essaie constamment d’y puiser, d’y relier des gens, et de le transmettre dans ce que je fabrique ou écris : l’invisible qui plane juste sous la surface.

-Quel est le meilleur conseil que tu ait reçu ?

« Ne donne jamais une herbe à quelqu’un que tu n’as jamais essayé toi-même » par Kiva Rose

-As-tu une maxime?

Aucune à laquelle je puisse penser.

-Quel est ton livre favori?

Immortality, par Milan Kundera.

-Qu’est-ce que tu aimerais réaliser dans les cinq prochaines années qui comblerait tes vœux les plus chers?

Tellement de choses! Je suis en train de préparer un cursus pour aider les gens à s’ancrer plus solidement aux éléments et leur environnement, ce qui devrait normalement démarrer en mars ou avril. Je veux écrire des livres. Voyager et enseigner plus (J’aurais un cours en Belgique au mois de juin, je pense !) et aussi pourquoi pas commencer à faire des retraites pour les gens. Ça fait beaucoup pour 5 ans, mais ce sont mes souhaits !

Tes colis surprise sont un condensé de bonheur. Fais-tu des expéditions à l’international ?

Bien sûr! J’ai quelques européens qui ont des colis surprise tous les mois.

-Avec Jim Mcdonald tu enseigne le renouveau de la théorie des humeurs .Qu’est-ce que ça fait d’être un bourgeon sur d’anciennes racines ?jim20photo

C’est exactement ce que je ressens! C’est un très vieux système, mais Jim et moi, avons mis nos propres ingrédients.
C’est très agréable d’enseigner quelque chose qui est un système Européen.
Il y a tellement de gens qui étudient la médecine chinoise ou ayurvédique par défaut d’un système qui nous soit propre.
Le fait d’avoir un système occidental basé sur une culture occidentale donne le sentiment d’être réellement authentique.

-Formée à l’herbalisme occidental et à la médecine traditionnelle chinoise, as-tu le sentiment qu’il soit nécessaire pour les herbalistes modernes d’être multi spécialisés ?

D’une certaine façon, je pense que ça aide. Tout simplement parce que parmi les gens que vous allez croiser, tous ne rentreront pas dans un canevas particulier.
Et si nous n’avions qu’un système, alors nous tenterions d’y faire rentrer tout le monde, mais nous ne pourrions être toujours efficaces.
Quand nous connaissons plus de systèmes, nous avons plus de capacités pour inclure plus de gens et donc être plus efficace.
Mais je ne pense pas que ce soit nécessaire pour tous- en fait j’aime beaucoup étudier les systèmes.
Ça peut être perturbant aussi. Durant une conversation, on peut passer des tempéraments à l’ayurvéda aux 5 éléments, à la physiologie et revenir aux tempéraments, et on peut atteindre un niveau totalement ridicule 🙂 .
Ceci dit je pense qu’il est bon de ne pas s’enfermer dans un système, et de réaliser que si chaque système fonctionne, il n’y a alors pas un unique chemin vers la vérité et la guérison.

As-tu le sentiment que parfois les réseaux sociaux t’éloignent de la nature ou bien cela te rapproche-t-il de ton public?

J’ai une bonne anecdote à ce sujet. J’ai récemment attrapé un virus qui m’a cloué au lit avec une forte fièvre. Je l’ai posté sur facebook, et en trois jours, j’ai reçu 5 paquets d’herbalistes de tout le pays qui m’ont envoyé des paquets de plantes de leur région. J’ai reçu du lierre terrestre, de l’écorce de pin, de l’usnée, de la cerise sauvage, de la monarde et des champignons médicinaux.
Toutes ces herbes magnifiques qui ne poussent pas ou j’habite.
Je me sentais tellement triste, malade, seule et désemparée du climat politique, que tous ces paquets en arrivant m’ont rappelé que je n’étais pas seule. Et de loin. Qu’il y a un grand réseau de gens qui aiment les plantes et qui sont connectés à la terre où ils vivent.
De recevoir des plantes de la part de ces gens connectés à la terre fut véritablement un don – Il y a tellement de VIE dans ces plantes.
J’ai ressentis cette toile de connexion du fin fond de mon lit, je me suis fait une bonne tasse de tisane, et un bain avec les écorces de pin. Je me suis sentie très soutenue, pas seulement par ma communauté, mais par la terre. Ce que je veux dire, c’est que oui, les réseaux peuvent nous éloigner de la nature, si le réseau est le seul but de créer des liens avec les autres personnes, mais je pense que travailler son réseau social, que ce soit en ligne ou en personne, peut être encore un autre moyen de se connecter au monde autour de nous. Ca dépend juste de notre intention, je pense.

-Si tu avais un message pour l’Univers quel serait-il?

Merci.

Question bonus :

-Admettons que l’on découvre que le Giant Spaghetti Monster est à l’origine du monde, quel est ta première décision ?

Attraper une fourchette.

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Interview un autre herbaliste :

Plus par Rebecca Altman:

Welcome Rebecca Altman!
It’s so kind of you to allow this to happen, I’m very excited to greet such an active and proficient herbalist!
Thanks to you and your articles on temperaments I’m not scared anymore to be a lymphatic sanguine stifled bilious.
The temperaments reading grid you give, allow herbalism apprentices such as us to have a new sets of tools in order to evaluate needs.
What’s more, it’s great on a more personal development level and I’m very grateful you agreed to share that much wisdom with us.

Rebecca Altman, you’re from Scotland and live in Los Angeles.
You are an hardcore herbalist since you walk in wilderness to gather plant and forage inspiration.
You cook, simmer, infuse, decoct and tincture your bounty in order to handcraft each month gorgeous surprises boxes brimming with exquisites things to treat, heal and feel good.
If that wasn’t enough you write insightful posts, newsletters full of information and you teach classes!
So thank you for taking time to answer a few questions:

-My first question would be about history and path: where we are is usually the result of a direction we took long ago. Can you tell us what was the spark that made you follow the path of herbalism, and then, how did you feed the embers to carry on?

When I was 11 or 12 and living in Scotland, I used to go out for the day into the woods. I’d pack a backpack with necessities like potato chips and water and matches, and would ride my bike as far as I could get, I’d walk to a stream, build myself a fire on the shore, and proceed to roast my potato chips on a stick, pretending it was meat I’d caught in the wild. At the time I had no big philosophical thoughts about what this meant, I just knew that I wished I had more… the skill to actually catch things, to know my environment, to keep on walking in the woods and live there. It was such an instinctive urge that only years later did I understand to be the urge to connect to the world around me. But that urge, when I got sick, is what led me back to nature and to the plants. I was mis-diagnosed with bipolar disorder after my sister died, and I started taking a cocktail of psychiatric medications. I was a mess, physically and mentally, and had no idea how to get out of it because I didn’t know what I wanted. Really, I think underneath it all, I just didn’t want to be myself at all, and was looking for an escape from that. My parents, bless them, were really clear-headed about the whole thing and they brought me to live with them in the California desert, and helped me find someone who could help me get off all the medications. And during the process of that, I started hiking every day, in the mountains that surrounded the desert. It was out in the mountains that I started to remember that feeling, of wanting a connection, of wanting to spend hours, days, a lifetime, out there, and to know the world around me as intimately as if it were my family. I took that feeling and followed it, and it led me, basically, on the path I’m on today.

To find the embers to carry on, I stick with that feeling in my heart— the one that led me to the woods and nature in the first place. It’s a feeling of joy and excitement and desire to explore. It sometimes leads me to herbal things and sometimes to non-herbal related things (I’m currently studying a bodywork method), but I trust that it’ll keep me on track doing what I love.

-Have you ever felt that herbalism could be a calling? Something society deeply need in order to have someone able to interact with nature for natural health?

Absolutely. I think that society as a whole is so disconnected from the earth and from our natural cycles, and that people need that connection more than ever. I think that so many of us don’t hear our own bodies, don’t connect with OURSELVES, even, and how can we connect with the world around us if we don’t even hear our own bodies?! Herbalism guides people into deeper self-knowledge, and also connects people with the plants. That, in turn connects us with the earth. Herbalists are helping, all over the world, to restore that balance that was set off-kilter so long ago, just by this simple act alone.

-What was the biggest issue for you to overcome in order to become an herbalist?

My biggest issue was becoming financially stable working as a herbalist. I knew I didn’t want to work full time as a clinician (my background is in the visual arts, and I’m much more interested most of the time in making things than I am in working with people one-on-one), but I also didn’t know how to get to a place where I could support myself selling products. I didn’t manage it entirely alone— I’m incredibly lucky that my husband supported me during this time, too— but the period of time getting my business up and running was really tough, especially without exhausting myself in the process.

-Herbalism is something that take individual to the core. Did you have any trouble finding balance in your community?

I feel like herbalism is actually what helped me reach a place of balance in life, without which I’d still be on the treadmill that I see most people on every day. It was starting to live with the seasons, to have to put things on hold in the summer because I’m processing so many herbs, or traveling so much to gather herbs in the spring, or to rest in the winter because I’m physically exhausted— all of these things just started happening naturally as a result of my working with the plants, and as a result, my life became so much more balanced. I have slowed down a lot, started to care for myself more, and in turn this has caused the people around me to start to do the same. Not just my clients (clients often do this because they feel obligated to because they’re not well, but it’s rarely a lifestyle choice based on wanting to do less!), but my friends and family and community at large. There’s a ripple effect, I think, when you start to live at your own pace, in connection with the world around you. People see it and want it, even if they don’t know what ‘it’ is. And I try to explain it in little bits, with little achievable goals, instead of making it this massive change that needs to happen all at once (that sounds impossible to most people).

-What is it that really bother you?

Truly? The amount of self-hatred and self-punishment I see in the world. So many people forcing themselves to try and be something they’re not, someone they’re not, and it’s very painful to watch. Even down to the way people diet, or force themselves to exercise, or wake up early. There’s a place where you eat beautiful things, and move your body and sleep and it comes from a place of joy, or there’s a way you can do these things and its self-punishment. I see so much self-punishment and so little joy. I want to help change that.

-When you have been processing gallons of calendula petals or chopping kava roots the whole day, what song come to your mind?

Nope! I listen to a lot of music when processing though (Radiohead and Alt-J are my favorites).

-Do you feel you have a specific(s) plant ally(ies) , one(some) you are eager to reach for whatever the reason?

I just spent some time in Washington State (northwestern USA) and was completely enamored with the thuja trees there. So that’s the next plant I’d like to work with. As for currently, I have some really close plant allies that I work with frequently, and tend to become enamored by whatever I’m working on for my surprise box (a seasonal box I make, based on a theme, that I send out to subscribers) that month— so this month I’m working with medicinal mushrooms and am completely enchanted by all their nuances. I get really deeply involved with the plants I’m working with, brewing baths, decoctions, oils, trying to apply them to my body every way I can, to get to know them more deeply, so that I can communicate their message more clearly in the box. This month I’m working with reishi (Ganoderma), turkey tail (Trametes versicolor) and Chaga (inonotus obliquus) in depth.

-What is the most recurrent advice you give your students when they graduate?

I don’t have a school, so I don’t have graduates, but when people write to me to ask for advice about their paths as herbalists, the most common advice I give is to never get away from your own body and the plants. Try things, constantly, be curious, and stay connected. All the intellectual knowledge in the world is useless if you lose your connection with the plants.

-Do you have influences that might surprise us?

A lot of my influences come from the art world! I’m really interested in aboriginal art lately, because it looks a lot like the way I see the world sometimes— I wonder about the dreaming world the Australian aboriginal cultures referred to and if that’s something we can all see, from anywhere, because it looks very much like a version of reality I’m familiar with. I’m constantly trying to tap into that, connect others with it, and communicate it in what I’m writing or making— the unseen that hovers just below the surface.

-What is the best advice you received?

« Never give a herb to someone that you haven’t tried yourself.” From Kiva Rose.

-Do you have a quote you refer to, a motto?

None I can think of.

-What is your all-time favorite book?

Immortality, by Milan Kundera.

-What would you like to achieve in the five next years that could grant your deepest wishes?

So many things! I am in the middle of putting together a course to help people connect more deeply to the elements and their environments, which should hopefully be launching in March or April. I want to write books. Travel and teach more (I’ll be teaching a class in Belgium this June, I think!) and also eventually to start doing retreats for people. So, that’s a lot for 5 years but those are my wishes :).

-Your surprise boxes are amazing, do you ship international?

Yes I do! I have quite a few Europeans who get surprise boxes every month :).

– With Jim Mcdonald you are teaching about a whole renewal of Temperaments Theory. How awsome is it ? How does it feel to be a new bloom on very old roots?

That’s exactly how it feels! It’s a very old system but jim, and I, in turn, have put our own twists on it. It feels really good to teach something that’s a European system— so many people study Chinese medicine or Ayurveda medicine because we in the west lack a system for ourselves, and to have a western system that’s based in Western culture feels really authentic.

– Being educated in western herbalism and TCM, do you think it’s important for modern herbalists to be multi specialists?

In a way, I think it helps, simply because not everyone you see is going to fit the pattern of one system. And if we only have one system then we’ll try and make everyone fit there, but we won’t always be able to be effective. When we know more systems we can have more patterns that fit more people, and so can be more effective as a result. But I don’t think that’s necessary for everyone— I just happen to really enjoy studying systems. It can get very confusing too. In conversations we can go from temperaments to Ayurveda to 5-elements to physiology and back to temperaments, and it can get to the point where it’s a bit ridiculous :). That said, I do think it’s nice to not be stuck in one system, and to realise that if every system works, then there’s no one path to truth and healing.

-Do you feel that networking take you away from nature or closer to your public?

I have a good story for this. I recently had a virus that had me in bed with a high fever. I posted about it on facebook, and within 3 days I received 5 packages from herbalists all over the country, sending bags of dried herbs from their regions. I received ground ivy and pine bark and usnea and wild cherry and bee balm and medicinal mushrooms. All these beautiful things that don’t grow where I am. I’d been feeling so sad, sick, alone, and distressed about the political climate, and then all these packages arrived and reminded me that I’m not alone. Not even remotely. That there’s this vast network of plant-people who are connected to the earth where they are, and receiving plants from people who are connected to the earth feels like such a gift— there’s so much LIFE in these plants. I felt this web of connection, from my sick bed, and made myself a big mug of tea, and a bath with the pine bark, and felt so supported, not just by my community but by the earth. My point is that yes, networking can take us away from nature if networking is the only goal of connecting with other people, but I think that social networking, be it online or in person, can be yet another way that we connect with the world around us. It just depends on our intention, I think.

-If you had a message you could share with the Universe, what would it be?

Thank you.

Bonus Question:

-Let’s admit for a moment the world’s origin is from the Giant Spaghetti Monster, what’s your next move?

Grab a fork.

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