Interview Une Herbaliste : Cathy Skipper

Cathy Skipper : où comment allier herbalisme et art de vivre.

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D’origine anglaise, Cathy Skipper a étudié à l’Ecole Lyonnaise des Plantes Médicinales de Lyon.

Femme au destin multiple et au passé riche d’enseignements, Cathy Skipper est fondatrice du jardin herbaliste du Parc de la Tête d’Or de Lyon.

Elle a enseigné l’aromathérapie aux Etats-Unis et maintenant, au Nouveau Mexique, l’approche sensible entre l’humain, la conscience végétale et l’environnement.

Conférencière internationale sur les huiles essentielles, elle anime de nombreux stages de distillation et d’aromathérapie tout autour du globe.

Riche de ses voyages, elle poursuit la quête alchimique  de la transmutation des parcours de vie en expérience de soins tant pour le patient que pour le praticien. Appuyée par son expérience et son savoir qu’elle prodigue, elle nous permet de découvrir des arômes et des senteurs vibrantes de vitalité.

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Q : Lorsque l’on tente de retracer votre parcours, on se rend compte que vous avez eu de nombreuses vies. Avec les plantes comme fil directeur, pouvez-vous nous raconter ce parcours entre l’Angleterre et les Etats Unis ? 

Cathy Skipper : Avec plaisir ! Je viens d’une famille où les gens ont toujours été en contact avec les plantes. Mon grand-père maternel était docteur et naturaliste. Il a passé beaucoup de temps dans la nature à étudier les plantes et les animaux. Mon père était administrateur d’un magnifique Jardin Anglais ouvert au public.

J’imagine donc, que sans même m’en rendre compte, j’ai grandi en Angleterre très naturellement  avec les plantes comme partie intégrante de ma vie.

Lorsque jeune femme j’ai déménagé en France, j’ai vécu très simplement dans un petit hameau au Pilat. J’aimais jardiner, récolter et tisser des paniers.

J’ai aussi passé du temps avec mes enfants à voyager en roulotte à cheval avec une famille gitane locale.

C’était une évolution naturelle que de vouloir apprendre l’herbalisme d’une manière plus officielle, et ainsi, lorsque mon français fût suffisant, je me suis inscrite à « l’Ecole des Plantes ».

Patrice de Bonneval, le directeur de l’Ecole et moi nous somme rapidement rapprochés et il m’a demandé d’enseigner et de traduire pour le publique anglo-saxon.

J’ai ensuite enseigné la botanique de terrain et j’ai démarré le projet de Jardin pour l’école.

J’ai été invitée à parler à des conférences en Amérique et enfin à enseigner pour une école en ligne Aux Etats Unis.

C’est à l’une des conférences que j’ai rencontré mon mari, le docteur Florian Birkmayer et instantanément, j’ai su que je voulais travailler avec les étapes alchimiques suivant les principes de Carl Jung. J’étais à la recherche d’un cadre de travail cohérent pour des thèmes tels que  ‘Le guérisseur blessé’ les ‘soins au guérisseur’, ‘l’ombre’, les problèmes émotionnels sous-jacents etc.

Nous sous sommes donc réunis dans le travail et l’amour. 

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Q : Vous avez étudié puis enseigné à l’Ecole Lyonnaise des Plantes Médicinales de Patrice de Bonneval. Pouvez-vous nous dire en quoi cette étape a été déterminante pour vous ?

C.S : Ça été un point crucial de ma vie. J’avais vécu cachée dans la France rurale profonde sans jamais me sentir intégrée.

Le premier jour d’école, je me souviens avoir ressenti comme si j’étais enfin arrivée à la maison. Pour la première fois depuis de nombreuses années, quelqu’un (Patrice) m’a véritablement vu pour qui j’étais et a aussi vu mon potentiel.

C’est un grand soulagement et cela procure une grande force lorsqu’une personne  perçoit ce dont vous êtes capables.

C’était l’école, les enseignants, les plantes et les autres étudiants qui m’ont reflété ce que je pouvais faire.

Je ne ferais pas ce que je fais actuellement si je n’avais pas connu l’école, Patrice et la directrice Françoise.

 

Q : Vous vous êtes rapidement spécialisée dans l’aromathérapie et les huiles essentielles. Qu’est-ce qui les rend si spéciales. Et pourquoi est-ce si important d’enseigner les fondements  de l’aromathérapie aux Etats Unis.

C.S : J’ai toujours été intéressée par les senteurs et comment elles influencent émotionnellement les gens. Mais je n’ai pas vraiment décidé de me spécialiser en aromathérapie, ça s’est juste présenté comme cela.

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À la base, je me considérais comme une herboriste et j’aime vraiment beaucoup la façon dont, en France, l’aromathérapie est un élément majeur de l’éducation d’un herboriste plutôt qu’une voie à part.

Patrice m’a demandé de traduire le programme d’aromathérapie en ligne.

Ensuite, j’ai enseigné la distillation lors de conférences herbalistes en Amérique, puis il y a eu le livre que j’ai co-écrit avec Patrice.

Tout s’est présenté à moi. Je n’en regrette aucune étape.

 

 

Q : Vous évoquez dans de nombreux articles la notion d’alchimie, de transformation et de psychologie Jungienne. Comment ces notions pourtant sans lien à priori se sont t’elles retrouvées dans votre parcours.

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C.S : J’ai toujours été attirée par le travail sur les problèmes sous-jacents aux symptô

mes physiques.

Je ressentais qu’il n’était pas suffisant de ne s’occuper uniquement des symptômes physiques. Le soin holistique pour moi signifie qu’il faut travailler avec la personne et la plante dans leur entièreté.

Je suis fascinée par tous ces faisceaux qui s’unissent pour constituer nos corps physiques, spirituels, mentaux et émotionnels et parviennent à influencer nos vies.

J’avais besoin d’un cadre pour cela, et les concepts Jungiens avec les étapes alchimiques me l’ont fourni.

Tous nos systèmes corporels ont une anatomie identique.

Par exemple, nos foies se ressemblent tous plus ou moins, tous nos systèmes urinaires fonctionnent de la même manière.

Et bien nos psychés ont une anatomie qui est la même pour tous et les processus qu’elles traversent, vues suivant les étapes alchimiques sont les même pour tous.

Ce fut une révélation pour moi.

Bien que je travaille avec des concepts subtils, il me fallait une structure concrète et cohérente qui m’a été fournie par le travail de Jung.

L’aromathérapie s’intègre parfaitement pour notre travail sur les anatomies des psychés et pour nous guider dans les royaumes inconscients.

 

 

Q : Après les traumatismes qu’ont pu être les élections américaines et le mouvement #metoo, il apparaît (on espère) que nous soyons à l’amorce d’une phase plus inclusive de la féminité et de la reconnaissance de de la place de la femme dans la société monde.

Dans une précédente interview, vous parliez de la ménopause comme un moment où les femmes étaient encore plus liées à l’énergie universelle (kundalini).

C’est une vision particulièrement intéressante car cela transforme ce que certains imaginent comme étant un symptôme à supprimer en un véritable biais communication avec sois même voire une force dans laquelle puiser.

De l’affirmation des petites filles à la révérence des anciennes, comment présenter ces différentes étapes pour qu’elles soient non seulement acceptées mais deviennent aussi des moteurs de développement ?

Est-il possible d’associer des huiles essentielles où catégories d’huiles essentielles à chacune de ces étapes ?

C.S : Merci de poser ces questions. Lorsque j’ai découvert et commencé à travailler avec les étapes alchimiques, j’ai réalisé que le corps féminin avec tous les changements qu’il traverse tous les mois et tout au long de sa vie, est véritablement un vaisseau alchimique.518d6nl7hml

Ceci m’a amené à vouloir travailler avec des femmes et les processus alchimiques afin de comprendre nos étapes de développement comme étant des phases naturelles et puissantes plutôt que de raisonner en termes maladies criblées de symptômes en attente de solutions.

Les huiles essentielles fonctionnent parfaitement avec les étapes : des huiles échauffantes aux huiles terrestres qui nous permettent de nous élever vis-à-vis des situations, aux huiles maîtresses pour le travail avec l’ombre.

En tissant un processus vivant qui incorpore les changements spirituels, mentaux, émotionnels et physiques avec les huiles, les femmes traversent les différentes étapes de leur vie avec un canevas puissant et efficace

 

 

Q : Dans votre approche, vous attachez une attention tout particulière aux soins du guérisseur. Qu’est-ce qui fait la particularité de s’adresser à quelqu’un qui est déjà porté par le soins de son prochain ?

C.S : Carl Jung avait cette expression, ‘Le Guérisseur Blessé’ en 1951. L’archétype du guérisseur Blessé est un point pivot à cette étape. Comme Jung, nous pensons que c’est notre propre cheminement de guérison de l’âme qui est le plus important, et que c’est au travers de ce cheminement que nous sommes capables d’aider les autres.

Un thérapeute qui n’a pas fait l’examen et mis en lumière ses propres blessures, va les projeter sur le client qui sera alors emprisonné dans le rôle de patient pour toujours. Jung lui-même a prévenu : « Si le guérisseur blessé ne gère pas ses propres blessures, il deviens le blessé blessant».

Le guérisseur blessé fait référence à la capacité à faire corps avec sa propre souffrance et noirceur pour devenir une personne dans son entièreté.

L’archétype du guérisseur blessé nous montre que ce n’est que par l’exploration consciente, la contemplation crue et comment nous  ressentons nos blessures que nous pouvons alors recevoir leur don.

Il est important de comprendre que nos expériences douloureuses font partie intégrante de qui nous sommes, plutôt que de tenter de réprimer les émotions quand elles émergent.

Nous devons voir nos blessures comme une initiation qui nous mènera à une sensibilité, une sagesse, une compassion et une compréhension de l’être plus profonde.

En embrassant la zone douloureuse où la blessure nous mène, nous sommes en mesure de nous transformer.

La blessure devient une alliée. Si elle est réprimée, elle influence alors nos vies telle une ombre sur lequel nous n’avons aucun contrôle.

Embrasser ses blessures n’est pas un processus limité dans le temps ou statique. C’est une expérience continue, dynamique et à plusieurs niveaux nous montrant toujours plus de nous-même.

La blessure est une initiation qui une fois transcendée, nous permet d’honorer ce don et ainsi les blessures des autres.

La blessure est une initiation. Nous ne serons plus jamais les même. Vous réalisez que la personne que vous étiez (la version précédente de votre ego) n’est qu’une fraction, un chapitre d’une histoire vivante.

Sans la blessure, il est impossible d’atteindre cette réalisation.

Nos blessures deviennent notre connexion au Numineux.

Même lorsque nous avons transcendé la blessure, nous honorons ce qu’elle a fait pour nous, et nous pouvons ainsi honorer les blessures des autres lorsque nous pratiquons en tant que thérapeutes.

 

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Q : Votre projet de centre de réhabilitation pour gérer les addictions en Autriche semble se concrétiser. Vous allez pouvoir utiliser de façon clinique les bases de votre programme Aromagnosis et la permaculture.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la genèse de ce projet et vers quelle direction vous souhaitez le mener ?

C.S : J’ai le sentiment que l’univers nous guide avec ce projet.

Pour de nombreuses raisons, nous avions décidé que nous avions besoin de passer plus de temps en Europe.

Par cette connexion à Vienne, Florian a été mis en contact avec une petite équipe de personnes qui ouvraient un centre de réhabilitation et qui étaient à la recherche d’un directeur médical.

Florian et moi avons été jusqu’à les rencontrer et ils ont beaucoup apprécié nos cheminements différents et nous ont alors ont demandé à tous deux si nous étions intéressés pour nous joindre à l’équipe. Cela paraissait être l’opportunité idéale de mettre le travail d’aromagnosis dans un environnement clinique et être en mesure de constater les bienfaits pour les gens.

Cela va nous permettre aussi d’utiliser nos précédentes expériences dans un nouveau modèle de soins.

Florian est spécialiste de l’addiction et a travaillé avec les tribus d’Indiens d’Amérique aux Etats Unis. J’ai pratiqué l’agriculture en biodynamie et nous pourrons mettre en œuvre des techniques de Permaculture que nous utiliserons au centre.

C’est très excitant, bien qu’un peu effrayant de descendre de notre montagne  pour revenir au monde.

 

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Q : A l’heure des hôpitaux et des molécules médicamenteuses, pensez-vous  que  l’herbalisme ait encore une place ?

C.S : Absolument, Je ne pense pas que ce soit l’un ou l’autre. Ils sont tous deux différents et ont chacun leur propre place et rôle à jouer. Idéalement ils devraient travailler ensemble.

Q : Avez-vous une recette ou une formule favorite que vous pourriez nous partager ?

C.S : Non, je crois que chacun est différent.

Les soins par les plantes est quelque chose de vivant et dépend tellement de la personne et de la situation qu’ils doivent être adaptés.

C’est d’ailleurs là, pour moi, que la phytothérapie diffère de la médecine allopathique. Je ne crois pas que nous devrions essayer de confiner les soins à base de plante à la même structure car ça la réduirait au rôle de cousin éloigné plutôt que noble frère.

 

Q : Lors que vous êtes en distillation ou en train de préparer des plantes, quel chanson vous viens à l’esprit ?

C.S : Pas de chanson. Parfois une vibration intérieure, tout spécialement quand je travaille pour un soin ancestral. 

Je pense que la vibration est la façon pour l’énergie de communiquer et soigner au travers des royaumes ancestraux.

 

Q: Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ?

C.S : “D’être soit même est sans danger” « to be oneself is without danger » Quelque chose Qu’Anne Simon a dit un jour en cours qui a résonné en moi.

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Q : Il y a-t-il quelque chose de plus que vous voudriez partager à dire à l’Univers ?

C.S : Nous ne pouvons guérir personne d’autre, nous ne pouvons que nous guérir nous-même et être le miroir de notre propre guérison pour les autres.

 

 

Autres articles par Cathy Skipper:

Interview un Herbaliste :

 

 

English version:

 

Cathy Skipper: When herbalism and lifestyle adds up

 

Born in England, Cathy Skipper studied at the Lyonnaise School of Medicinal Plants in Lyon.

She is a woman with multiple destinies and a rich history of teaching, she is founder of the herbalist garden at the Parc de la Tete d’Or in Lyon.

She has taught aromatherapy in the United States  and now, in New Mexico, a sensitive approach between human, plant consciousness and psychology.

International speaker on essential oils , she leads many distillation and aromatherapy courses all around the globe.

Rich of her travels, she pursues the alchemical quest (of life experience transmutation to the care for both patient and the practitioner.

Supported by the experience and knowledge she dispense, she allows us to discover aromas and scents vibrant with vitality.

Let’s find out more:

 

 

 

Question : When we try to trace your journey, we realize that you have had many lives. With plants as a guide, can you tell us about this journey between England and the United States?

Cathy Skipper : With pleasure. I come from a family of plant people. My maternal grandfather was a doctor and naturalist. He spent a lot of time in nature studying plants and animals. My father was the chairman of a beautiful English Garden that was open to the public. So, I suppose without realizing it because it was so natural, I grew up in England with plants as part of my life. When I moved to France as a young woman, I lived in a small hamlet in the Pilat and lived very simply. I enjoyed gardening, basket weaving and wild crafting. I also spent time with my kids travelling with a horse and cart and a local gypsy family. It was a natural progression to learn about herbalism more officially and so when my French was good enough, I enrolled at the “Ecole des Plantes”. Patrice De Bonneval, the director of the school and I immediately became close and he asked me to work for the school teaching and translating for the English-speaking public. I then began to teach botany on the field and I started the garden project for the school.

I was asked to talk at conferences in America and then eventually to teach for an online school in the States. At one of the conferences I met my husband Dr. Florin Birkmayer and instantly knew I wanted to work with the alchemical stages according to the work of Carl Jung. I had been looking for a coherent framework for working with themes such as ‘The wounded healer and healing the healer, the shadow, underlying emotional issues etc. So we came together in love and work.     

 

 

Q: You have studied then taught at the Patrice de Bonneval’s Medicinal Herbs School in Lyon. Can you tell us how crucial this was to you?

C.S : It was a turning point in my life. I had been tucked away in deep, rural France and never fully felt I belonged. On the first day the school, I remember feeling like I had come home. For the first time in many years, someone (Patrice) truly saw me for who I really was, and he also saw my potential. It is very healing that someone see’s our potential and empowering. It was the school, the teachers, the plants and the other students that mirrored back to me what I could do. I wouldn’t be here now doing what I am doing if it wasn’t for the school, Patrice and the director Francoise.

 

Q: You quickly specialized in aromatherapy and Essential Oils and Aromatherapy. What makes them so special?

Why is it so important to bring the “essence” of aromatherapy in the United States?

C.S : I had always been interested in scent and how it effects people emotionally, but I did not really ’decide’ to specialize in aroma, it just happened. At the base I thought of myself as a herbalist  and I really like the way that in France, aromatherapy is a major part of a herbalist’s education rather than a separate path. Patrice asked me to translate the online aromatherapy program. Then I taught distilling at herbal conferences in America and then the book I co-authored with Patrice. It all just happened. I do not regret it though.

 

Q: You mention in many articles alchemy, and Jungian psychology notions. How these at first unrelated ideas have found you in your journey?

C.S : I was always drawn to working with the issues that underlie physical symptoms. I did not feel it was enough just to address the physical symptoms. Holistic healing for me means working with the whole person and the whole plant. I am fascinated by the channels that come together form our emotional, mental, spiritual, physical bodies and affect our lives. I needed a framework for this and Jungian concepts and the alchemical stages gives me this. All our body systems have an anatomy that is the same for everyone, for example all our livers look more or less the same, all our urinary systems work in the same way. Well our psyches have an anatomy that is the same for everyone and the processes they go through, defined by alchemical stages are the same for everyone. This was a breakthrough for me. Even though I work with quite subtle concepts, I needed a concrete and coherent structure, Jung’s work provided this. Aroma fits in beautifully in helping us to work with the psyches anatomy and guide us into the unconscious realms. 

 

Q: For some people, US election have been lived as a trauma, and after the #metoo movement, it seems (we hope) that we are at the beginning of a more empowering phase of femininity and recognition of the women’s place in the world’s society at large.

 In a former interview, you talked about menopause as a time when women were even more connected to universal energy (kundalini).

This is a particularly interesting vision since it transforms what some people imagine to be a symptom to be suppressed into a real communication bias, a power to draw from even.

From little girl’s affirmation to elder’s reverence, how should we highlight these different stages so that they are not only accepted but also become development nexus?

From young hood till oldness what would you recommend as a step / essential oil association?

C.S : Thank-you for asking this question. When I discovered and started working with the alchemical stages, I realized that the female body with all the changes it goes through monthly and in a lifetime, really is an alchemical vessel. This led on to me wanting to work with women and the alchemical stages in order to process our natural developmental stages as empowering and natural rather than symptom-based diseases that needed solutions. The oils work perfectly with the different stages from heating oils to earthing oils to oils that enable us to rise above a situation, to oils that are masters of shadow work. In weaving together a living process that incorporates the physical, emotional, mental and spiritual changes women go through with the oils we have an extremely powerful and effective framework for working with women through the different stages they go through in their lives.   

 

 

Q: In your approach, you pay special attention to the healer’s care. What makes it special to address someone who is already drawn in the process of healing others?

C.S : Carl Jung coined the phrase, ‘The Wounded Healer’ in 1951. The archetype of the Wounded Healer is a pivotal aspect of this course. Like Jung, we believe that it is our own healing soul journey that is the most important and it is through this journey that we are able to help others. A therapist or doctor that has not examined and brought to light his own wounds will project them onto the client who will be stuck in the patient role forever. Jung himself warned: “If the wounded healer doesn’t deal with their own wounds, they become the wounded wounder.”

The wounded healer refers to the ability to embrace one’s own suffering and darkness in order to become a whole person. The archetype of the Wounded Healer shows us that it is only through consciously exploring, facing and feeling our wounds that we receive their gift. It is important to understand that our painful experiences are an integral part of who we are, rather than trying to repress the feelings that they incur. We need to see our wound as an initiation that will bring us a deeper sense of self, wisdom, compassion and understanding. By embracing the painful place that our wound takes us to we are able to transform ourselves. The wound becomes an ally. If it is repressed it influences our lives as a Shadow aspect that we have no control over. Embracing this part of ourselves is not a static, time-limited process. It’s an ongoing, dynamic, multi-layered experience that is continually showing us more and more about ourselves. The wound is an initiation, and even when we’ve transcended, we honor its gift and thus the wounds of others. The wound is an initiation. We won’t ever be the same again. You realize the person you were (the prior version of your ego) is just a part, a chapter of the living story. Without the wound, it is impossible to attain this. Our Wound becomes our connection to the Numinous. Even when we’ve transcended the wound, we honor what it’s done for us, and thus we can honor the wounds of others when we’re working as therapists.

 

 

 

Q: Your project to run a rehab center to cope with addiction in Austria seems to be more and more tangible. You’ll be able to use Aromagnosis basis and permaculture for wellness and clinical use.

Can you tell us more how it came to be? And in which direction you are leading this idea?

C.S : It feels like the universe is guiding us with this project. For several different reasons, we had decided that we needed to spend more time in Europe. Through a connection in Vienna, Florian was put in contact with a small team of people who were opening a rehab center and were looking for a medical director. Florian and I went along to meet them and they really liked both of our different paths and our work together and asked if we would be both interested in joining the team. It seems like the ideal opportunity to put the work of Aromagnosis into a clinical setting and really see how it can benefit people. It will also enable us to use our past experiences in a newmodel of healing. Florian is an addiction specialist and has worked with the Native American tribes in the States and I have farmed using biodynamic and permaculture techniques, which we will being at the center. It is very exciting, although a little frightening to come down off our mountain and back into the real world. 

 

 

 

Q: In a time of pills, scientific remedies and hospitals, do you still believe there is a place for herbalism?

C.S : Definitely, I don’t think it is one or the other. They are both different and each has its own place and role to play. Ideally, they should work together. 

 

 

Q: Do you have a favorite formula or recipe you could share with us?

C.S : No, I believe everyone is different, plant medicine is alive and so depending on the person and the situation the medicine will change. This is where plant medicine in my opinion differs from allopathic medicine and I do not believe we should try and squeeze plant medicine into the same framework because it reduces it to a lesser cousin rather than a noble sibling.

 

 

Q: When distilling or preparing plants, what song comes to your mind?

C.S : No song. Sometimes an inner hum, especially if I am working with ancestral healing. I think the hum is the way energy communicates and heals through the ancestral realms.

 

 

Q: What’s the best advice you’ve been given?

C.S : “D’être soit même est sans danger” « to be oneself is without danger » Something Ann Simone said one day in class and it resonated.

 

 

Q: Is there something you’d like to share or tell the universe?

C.S : We cannot heal anyone else, we can only heal ourselves and be a mirror of self-healing for others.

 

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