Du tempérament et des humeurs : L’eau (5/6)

Le 4 mars 2016

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De l’eau: le tempérament flegmatique (5/6)

Irina Sidorova phlegmatic
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L’eau en tant qu’élément :

Notre planète est bleue et c’est d’autant plus évident lorsque vous la regardez de loin : la luminescence de l’eau qui couvre les ¾ de sa surface luit comme un signal. Les nuages, constitués de cette vapeur, planent au-dessus de la surface comme le signe avant-coureur de ce qui donne la vie, la nourriture et la subsistance à nous tous ici-bas. C’est cette eau qui fait de la planète ce qu’elle est, qui a permis à la première vie il y a des millions d’années, qui a permis à un amoeba avec pieds d’en sortir, rampant sur terre et criant son premier souffle.

Ainsi, nous faisons de même à chaque fois que nous naissons, rampant sur terre et pleurant, extirpés de l’eau à qui nous devons la vie. Tout au long de notre vie nous sommes rappelés à l’eau d’une manière ou d’une autre, que ce soit la mer, le lac ou la neige.
C’est l’eau qui nous représente : pas juste notre planète, mais notre humanité, constituant comme la surface de la terre 75% de notre masse corporelle. Nous sommes l’eau, et nous sommes l’espace entre nos cellules, que pourtant parfois, nous oublions.
C’est l’eau qui est en nous qui bouge, constamment, toujours changeante et pourtant toujours la même.

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Le plasma est mis en mouvement par des forces et des pressions externes devenant alors le fluide interstitiel, qui deviens la lymphe puis redeviens plasma. Tout au long du chemin, c’est partout la même substance sous-jacente malgré le changement de nom.
L’eau dans le monde deviens vapeur, deviens nuage, deviens pluie où neige où grêle pour matteler son retour à la terre, puis se remet en mouvement, poussée par des forces extérieures, déplacée par les pressions, dégringolant pour retrouver le point le plus bas, cherchant toujours à s’installer, et ne stationnant pourtant jamais, car rester mène à la stagnation et la stagnation mène au pourrissement.
C’est l’eau qui contient notre nature : celle qu’on ne peut apprivoiser et qu’on ne peut connaitre en totalité.
Nous avons bien tenté de comprendre l’eau, de faire entrer des algorithmes dans le contenu de nos cœurs pensant que la chose était résolue, pour que de nulle part, une vague scélérate apparaisse, et anéantisse toutes les théories précédentes sur l’eau.
C’est comme d’essayer de capturer un vague, où quelque chose qui est d’autant plus vivant qu’il est en mouvement.

L’immobilisation crée la stagnation.

Retenir c’est tuer le mystère.

Ainsi, dans ce monde de savoirs, de compréhension et de dissections, j’espère que nous ne résoudrons jamais le mystère de la vague.
C’est pourtant bien ce mystère qui nous fait peur, qui fait que nous lui en voulons, que nous l’abîmons. Nous y déversons tous nos déchets car elle absorbe et avale tout. Nous ne pouvons plus le voir donc ce n’est plus là.

Et pourtant ça existe bien et nous en sommes responsables.

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Le mythe des inondations, remonte aux débuts de l’histoire humaine : envoyé par une divinité pour nettoyer la terre, la pluie s’écrasant pendant 40 jours et 40 nuits, une vague géante nous engouffrant tout entier, nettoyant tout ce qui était, laissant une ardoise propre :
Dans les profondeurs de l’eau il existe des civilisations entières, immergées, nettoyées de l’histoire. Et c’est ce que nous faisons à une plus petite échelle lorsque nous faisons un rituel de purification, que ce soit un bain, une nage, une ablution, un baptême, un mikvah.
Toutes les religions du monde tiennent l’eau pour sacrée, du Gange au Tibet au Styx, l’eau marque les frontières, les passages, le divin. Elle trace les canyons dans le désert, lèche les montagnes pour les transformer en sable, contiens les plus sombres mystères de cette planète à des profondeurs écrasantes. L’eau n’a pas d’échelle de temps ; elle entoure le temps, restant identique au travers ses changements, conservant ses mystères ancestraux en son sein, l’archétype du mythe de notre planète qui ne vieillis pas.
Simple dans sa configuration, toujours en arrière-plan malgré les solutés, le sel, la poussière, les débris, le plastique, les cellules sanguines, les hormones, les égouts, les lipides.
C’est tout ce qu’il faut pour faire la différence entre vie et non-vie sur cette planète.
Cette petite molécule, d’une attitude et d’un mouvement passif est pourtant capable de maintenir toute la vie telle que nous la connaissons. Capable de donner la vie où la destruction ultime, le tout, encapsulé dans un simple atome de un O et deux H.

Changeant mais identique, polaire et pourtant constant, mouvant mais immobile, et ceci depuis là où nous sommes issus et vers où nous retournerons toujours : comme une vague caressant le rivage puis se retournant sur elle-même pour s’en revenir encore à sa source.

L’eau dans la personnalité : le flegmatique

sea14-640x426L’eau si ouverte et si changeante est l’élément de personnalité les plus difficile à décrire, principalement parce qu’il se manifeste de tellement de manières différentes.
Nous sommes tous influencés par notre environnement, l’endroit où nous vivons (les endroits ont un ensemble de tempéraments aussi !), nos familles, notre éducation. Mais les flegmatiques sont d’une apparence si différente, que si on ne se base que sur ces variables, il peut être difficile de les discerner jusqu’à ce que l’on regarde plus profondément leurs motivations.
Saviez-vous que toute la trigonométrie du monde ne peut expliquer une vague solitaire car l’eau est toujours trop imprévisible.

Je sais que c’est frustrant pour les aficionados de science, mais en tant qu’humain qui aime les mystères, ça me ravis:
Regarder vers la mer et ses profondeurs démesurées me procure un plaisir sublime: il y a des endroits que nous n’avons pas encore domptés.
Les émotions, tout comme les vagues, ne peuvent être contrôlées où prédites. Elles bougent de leur propre volition et sont elles aussi indomptées.
Je pense que c’est la raison pour laquelle la secte du rationnel est tellement irritée avec les personnes du type ‘’émotionnel’’ ; Il n’y a pas de structures, pas de raisons, pas de sens. Si vous êtes le genre de personne qui peut mettre de côté ses émotions pour faire le boulot, c’est fantastique, mais pour le flegmatique, ce n’est juste pas envisageable : l’émotion est le filtre à travers lequel ils voient le monde, et pour qu’ils fassent le boulot, les émotions doivent d’abord revenir à leur base neutre.
Les flegmatiques naviguent le monde avec leurs sentiments.

Là ou un mélancolique pensera à tout et s’assurera que l’ensemble est logique, un flegmatique n’agira pas tant qu’il ne le sent pas bien.
C’est déstabilisant pour ceux qui fonctionnent avec logique, mais ce n’est pas si compliqué à comprendre : comme la raison, c’est une autre façon de voir le monde, un autre langage.
Il est impensable pour un flegmatique de s’acharner quand quelque chose ne parait pas juste, tout comme ça peut l’être pour un mélancolique pour qui il n’y a pas de raison rationnelle de faire quelque chose.

Ce langage des sentiments est une chose que les flegmatiques utilisent pour naviguer dans le monde autour d’eux : cuisiner avec sentiments, jouer de la musique à l’instinct, prendre une direction par émotion. C’est souvent un art finement ajusté : une réponse aux éléments stressant de l’environnement dont les autres n’ont pas conscience.
Je connais un cuisinier flegmatique qui ne met jamais de minuteur pour son steak mais sait toujours quand c’est prêt. Toujours. On pourrait étudier la chose, voire si peut être elle est sensible aux sons différents, au changement d’odeurs, où bien juste accepter qu’elle ressent quand son steak est prêt et s’en arrêter là. Un peintre flegmatique peindra jusqu’à ce que la peinture lui convienne. Moi je fais pareil, quand je fais mes formulations, ressentant comme si mon intérieur est à l’extérieur, et j’ai la conviction qu’une formule est prête quand tout s’enclenche et reviens au calme. Comment expliquer cela rationnellement ? Je ne peux pas, bien sûr, et c’est une des raisons pour laquelle les flegmatiques se sentent souvent tellement incompris dans notre société rationnelle.
sea5-640x426L’eau dans son état naturel est ouverte et réceptive. C’est le solvant universel qui absorbe tout ce qui vient en lui. Les flegmatiques sont aussi très ouverts et réceptifs, solvants, infusant le monde autour d’eux s’appropriant les éléments avec lesquels ils entrent en contact. Facilement influencés par leur environnement, sensibles aux sons, aux couleurs, et même aux ondes wifi, aux produits chimiques et aux émotions de ceux qui sont autour d’eux. Le truc, c’est que ces choses les influencent, souvent profondément.

C’est à la fois la force et la faiblesse du flegmatique.

Car c’est dans son ouverture qu’il ressent le monde autour de lui et comprends les choses qui sont tapies sous la surface, mais du fait de cette ouverture, ils sont incroyablement sensibles à la sur-stimulation.
La gestion des informations est quelque chose si se fait à de multiples niveaux dans notre corps : nos sens intègrent l’information, notre digestion l’ingère, nos systèmes circulatoires et respiratoires échangent des informations constamment.
Nous avons des barrières et des limites en des endroits qui nous aident à disséminer l’information entrante de manière utilisable.
Par exemple, la membrane gastrique qui sépare le ‘’soi ‘’ du ‘’non soi’’ en terme de nourriture digérée. Ce sont les premières lignes du corps. Les barrières, et la capacité à séparer le ‘’soi ‘’ du ‘’non soi’’, sont ce qui nous rendent confortable.
Si les frontières sont trop lâches, alors il y a trop d’informations qui entrent et ça entraîne une surcharge du système.

Ça arrive dans la digestion, dans les membranes muqueuses, même dans les capillaires, et ça arrive aussi pour les sens et le système nerveux.

Les flegmatiques de prime abord ayant tendance à l’ouverture, ont souvent beaucoup de difficultés avec la gestion de l’information, qu’elle soit du monde extérieur (comme information sensorielle) où dans le ventre (en tant que nourriture). Un relâchement des membranes qui séparent le ‘’soi ‘’ du ‘’non soi’’ ouvre les vannes et une grosse quantité d’information arrive en une fois. Ce qui est souvent inconfortable. Pour le gérer, les membranes vont alors souvent se tendre et s’étirer comme moyen de se tenir à distance du monde, pour ne pas remarquer toutes ces informations. En fait, elles se rendent plus colériques pour survivre.
Nous sommes tous sujets à l’adrénaline du stress, mais pour les flegmatiques, ça peut leur être très néfaste.
La perception focalisée qui accompagne l’adrénaline coupe les points d’ouverture aux sentiments du monde environnant, et de fait, le flegmatique est coupé de ce qui lui donne de la force. Amusez-moi une seconde et imaginez la dernière fois où vous étiez sous un stress extrême.

Vous êtes-vous à ce moment là ouvert au monde autour de vous ? Je présume que la réponse est non car, par nature, notre réponse au stress est préétablie pour resserrer notre attention. Réciproquement, un trop plein de stimulus avec le ressenti d’ouverture totale peut amener le flegmatique à se sentir complètement surchargé par toute les informations entrantes. De fait, les flegmatiques ont du mal à vivre dans des endroits où il y a beaucoup d’éléments sensoriels, parce que cette surcharge les stresse énormément.

Ce qui ne veut pas dire que les flegmatiques doivent vivre dans une bulle, mais ils ont besoin de temps pour recharger, de la solitude, du temps dans la nature. Ils ont besoin de se sentir relaxés et suffisamment en sécurité pour dérouler leurs antennes émotionnelles à nouveau dans le monde car c’est de là qu’ils tirent leur énergie. S’ils doivent se recroqueviller dans leur retranchements trop longtemps, ils vont se sentir incroyablement déséquilibrés, épuisés, émotionnellement volatils voire en panique.

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‘’Tu es trop sensible’’ est quelque chose que les flegmatiques ont entendu toute leur vie.
A certains moments, ils essaieront de cacher cette sensibilité, de la faire paraitre moins prévalente, parce que c’est quelque chose qui leur fait se sentir persécutés et pour laquelle on les montre du doigt.
Dans notre société hautement colérique, l’état d’ouverture et de réceptivité est dénigré comme étant sans intérêt, excessif et improductif.
Si seulement nous pouvions tous regarder le monde rationnellement tout le temps, alors nos problèmes seraient résolus.
Et pourtant, sans cette sensibilité, nous n’aurions pas d’empathie. Sans empathie, il n’y aurait pas de lien entre les gens, nous n’aurions pas de compassions où de compréhension.

Les flegmatiques dans les faits ne construisent pas sur ce qui a été fait avant, mais continuent d’avancer dans leur propre, parfois divergente, direction.

Là où les colériques vont de l’avant, le flegmatique relie. Ils se lient eux même au monde alentours, ils relient les gens entre eux, les concepts a d’autre concepts, ils font en sorte que les gens se sentent compris, acceptés, entendus. Ce n’est même pas que ça ait de l’importance pour eux, mais c’est quelque chose qui leur viens naturellement.
Les flegmatiques sont souvent décris comme incroyablement empathiques, et oui, quand ils sont à l’équilibre, ils peuvent définitivement l’être. Mais au lieu d’appeler les flegmatiques, empathiques, je dirais que les flegmatiques sont les mieux dotés en potentiel naturel pour l’empathie : ce sont eux qui comprendront le mieux le chemin émotionnel de quelqu’un.

De fait, les gens chercheront leur compagnie pour leur parler de leurs problèmes.
En communication, le flegmatique cherchera souvent un commun accord et une compréhension émotionnelle.
Imaginez : L’eau cherche à se stabiliser, à se mouler dans son environnement. Elle est influencée par la pression, deviens agitée, mais ses molécules individuelles vont toujours tirer vers le bas et chercher la stabilité. Ce n’est pas quelque chose qu’ils font consciemment. Tt concrètement, si vous deviez les décrire en gardiens de paix, ils ne réaliseraient pas ni même y penseraient aux même.
Mais les flegmatiques SONT des diplomates naturels. Non pas parce qu’ils veulent naturellement la paix, mais parce qu’ils ont cette capacité naturelle à s’entendre avec les gens.

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Tout reviens à cette notion de contenant : un corps liquide entre deux rives qui va unir les rivages, quelque soient leurs différences.
Du fait qu’il cherche à se joindre un bord, et l’autre en même temps, au milieu du courant, il y a une compréhension par l’eau de chacun deux.
Chaque bord est confortable avec l’eau. Parce que l’eau embarrassante du moindre contour peut dire ‘je te comprends’.
En communication interpersonnelle, c’est quelque chose que les flegmatiques font aussi naturellement.
Parlez à un flegmatique d’un sujet difficile et vous vous sentirez compris : Il opinera disant ‘oh, ça dû être tellement dur’ où ‘je comprends’. Ou alors il fera un commentaire vous faisant penser qu’il y était aussi, pour ne réaliser qu’ensuite que bien que n’ayant jamais été là du tout, il vous a permis de vous sentir tellement compris que votre fardeau s’en trouve tout de même allégé.
C’est du soin.
D’un niveau parfaitement basique et fondamental : se connecter véritablement avec quelqu’un lui permettant de se sentir écouté, compris et pas abandonné. C’est totalement authentique aussi que c’est ce qui le rend encore plus agréable.

Pour toutes ces raisons, les gens s’adressent naturellement à leurs amis flegmatiques quand ils ont besoin de parler à quelqu’un.
De fait, un flegmatique s’il est en déséquilibre, peut se sentir comme une décharge universelle ; La personne vers qui tout le monde viens pour se défouler.

C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles, le flegmatique a besoin de solides protections:
Des digues solides sont incroyablement importantes pour les flegmatiques ; pas seulement parce qu’elles évitent d’être submergé, mais pour pouvoir interagir sainement avec le monde autour d’eux.
Les flegmatiques sans limites claires et explicites vont, et bien, s’infuser dans le monde autour d’eux. Mais il y a quelque chose de plus profond qui est perturbant quand les barrières d’un flegmatique se brisent : de ne pas savoir où ils s’arrêtent et où le reste du monde commence.
Ils vont sentir comme si la connexion qu’ils cherchent est perdue, et se sentiront du coup incroyablement perdus.
Quand quelqu’un a des barrières intactes, ils ont connaissance du point où ils s’arrêtent et de là où le monde commence. De là où ils s’arrêtent et de là où une autre personne commence. Si les frontières s’effritent, le monde peut être sacrément effrayant pour un flegmatique, et il cherchera des barrières, poussant de plus en plus loin pour essayer de se connecter à une autre personne.
Je l’imagine de cette manière : l’eau recherche naturellement les rivages qui la contiens. C’est quelque chose de naturel dans son étendue.

C’est passif, déplacé par la pression.

Lorsqu’elle est endiguée, elle bougera dans ce contenant, mais ne s’étendra pas dans le monde aux alentours. Quand le contenant de brise, l’eau va partout, cherchant la stabilité, à la recherche de ces rivages qui vont la maintenir.

Quand une personne a des barrières solides, conscient de là où il termine et où les autre commencent, il peut se connecter à une autre personne sans se sentir perdu et n’a plus nécessairement le sentiment de se perdre elle-même.
Le côté flegmatique des gens a été systématiquement étouffé pendant des années par notre société. Beaucoup de flegmatiques sont poussés vers une sorte de déséquilibre : sentir comme s’ils n’avaient pas le droit de ressentir des choses : s’il n’y a pas une raison rationnelle qui l’accompagne, qui peut être expliquée point par point dans le détail.

Ce qui se passe quand une personne ne peut exprimer ses émotions c’est qu’elle les accumule jusqu’à ce que se déverse le déluge.
C’est le cas du flegmatique qui se fait taquiner puis pousser et encore pousser jusqu’à ce qu’un jour il perde tous ses moyens. Il se met alors à hurler, pleurer déchainant des années d’émotions refoulées.
C’est l’une des principales pierres d’achoppement entre les flegmatiques et les colériques : les colériques n’aiment rien autant que de chahuter les gens pour s’amuser, parce que c’est leur état naturel ; et le flegmatique déteste être poussé, parce qu’il se sent sous pression.
Au final, ce n’est plus de la blague et le flegmatique se lâche sur le colérique. Puis le colérique se sent blessé parce qu’on s’en est pris à lui personnellement.
Mais c’est là qu’est le truc, quand vous poussez un flegmatique, c’EST personnel pour eux.

Dans notre société, nous n’exprimons pratiquement jamais clairement et directement nos sentiments. Il est encore plus difficile pour un flegmatique de le faire.
C’est un sentiment terrifiant qu’il est souvent plus aisé, au lieu de s’exprimer directement, de laisser déborder, voire de l’irradier par vagues.
L’entourage peut se sentir frustré car il voudrait l’entendre directement. Mais il faut comprendre qu’après des années d’endoctrinement sur le principe que leurs émotions ne sont pas rationnelles, ils devaient les nier complètement.
Ce qui peut être ressenti comme une oblitération de leur être profond. De se ré-entrainer à juste intervenir pour dire quelque chose peut prendre du temps.
La meilleur chose que vous puissiez faire pour votre flegmatique est de leur laisser l’espace dont ils ont besoin pour ressentir les choses, sans essayer d’expliquer où d’améliorer.
Le contre coup est que certains flegmatiques ne prennent pas le temps de comprendre le sous-jacent de leurs émotions, ce qui rend les rend difficiles à comprendre pour les gens.
Pour nous tous, les émotions sont prioritairement un guide nous permettant de savoir que quelque chose ne va pas, et non pas la chose concrète qui ne va pas.
Mais comme les flegmatiques filtrent la vie au travers de leurs émotions, c’est souvent ressenti comme la cause.
Ça ne l’est pas.
Il y a toujours une raison pour l’émotion, et le déterminer avant de communiquer rend la vie plus facile pour l’entourage.
Considérant tout cela, voici un truc : ‘je ne veut pas’ est une raison tout à fait justifiée.
Et c’est là que réside le nœud des éléments : étant si fluides, beaucoup de flegmatiques ont beaucoup de difficultés à se déterminer.
En plus d’être facilement influencés par le monde autour d’eux, il y a des années et des années qu’on apprend aux flegmatiques que leur point de vue n’est pas justifié.
Quand on en arrive à l’étape où ils commencent à s’exprimer, il ne leur vient pas nécessairement à l’esprit que leur volonté propre est une raison justifiée :
‘’ J’aime les choses comme ceci’’.
‘’Je ne veux pas faire cela’’.
‘’Je déteste les foules et je serais trop malheureux donc je n’y vais pas’’.
Ils n’ont pas besoins de raisons autres que leur propre désir pour faire ou ne pas faire quelque chose.
Pour beaucoup de flegmatiques, comprendre cela peut être un acte révolutionnaire, mais c’est le commencement d’un processus qui renforce leur sens de l’être, et par voies de conséquences, leurs barrières.
Cette sensibilité de la personnalité est suffisamment puissante pour gérer l’afflux massif d’informations.
Ils ont aussi besoin des mécanismes de compensation : des façons d’exprimer où de drainer les excès quand ça risque de déborder.
Il y a aussi ce point où la force qui initie le mouvement ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur : A ce moment, je ne saurais assez insister sur l’importance pour le flegmatique de trouver et de se déplacer à son propre rythme.

Là où les colériques ont une compréhension naturelle du temps (j’ose affirmer que ce devait être des colériques qui ont décidé de partager le jour en des quantités uniformes au départ), les flegmatiques (et les sanguins) ont un sens beaucoup plus fluide de l’écoulement du temps.
Là où vous aurez en société des colériques qui affirmeront qu’être en retard est un non-respect des autres, les flegmatiques ne le voient pas de cette manière.
Ce n’est pas une question de respect ou de manques de respect, c’est que le temps n’avance en intervalles mesurables pour les flegmatiques (et les sanguins).
Vous êtes-vous déjà perdu dans une tache et pendant une minute le temps a comme disparu ? Ou noté comment les choses paraissent durer tellement plus longtemps que ce qui est indiqué sur la pendule alors de d’autres paraissent passer en un instant ?
Imaginez que ca devienne une constante de votre vie.
Alors que le temps avance de manière stricte en incréments mesurables pour les mélancoliques et les colériques, pour les sanguins et les flegmatiques c’est une chose fluide et souple.
Pour un colérique, le temps est important. Le temps c’est de l’argent est une phrase de colérique – donc chaque instant passé à attendre est un instant qui coûte au colérique.
Le temps n’est pas de l’argent pour le flegmatique. Le temps est une mesure arbitraire de quelque chose de fluide.
Souvent, les flegmatiques ont pris l’habitude d’avancer au rythme de la société, bien qu’ils en soient très stressés, bien qu’ils ne réalisent pas qu’ils disposent d’un autre rythme pour avancer.
Laissés à eux même, néanmoins, ils auront tendance à plus flâner, peut être passeront t’ils plus de temps à se préparer que les autres, ou marcheront à un rythme entièrement différent que celui qu’ils auraient avec d’autres personnes.
Quand on leur laisse explorer cette idée de rythme pour eux même, ils découvrent un espace de motivation temporelle, où ils peuvent avancer aussi rapidement où doucement qu’ils le désirent.
Les gens supposent souvent que les flegmatiques sont lents, et oui, certains le sont en comparaison des colériques où des sanguins, mais en réalité, les flegmatiques ont juste besoin d’avoir leur propre motivation en terme de vitesse, d’avancer au rythme qui leur conviens.
Quand j’imagine un flegmatique en bonne santé, c’est une masse tourbillonnante de sentiments qui se tiens séparé du monde tout en y étant intimement connecté.
Cette capacité de voir, connecter et comprendre est quelque chose dont nous avons bien plus besoin dans notre société, et dont nous avons plus besoin d’une manière forte, puissante et saine.
Contenu par ses barrières, éclairé de l’intérieur par un fort sentiment de l’être, le tempérament flegmatique est l’émotion, le fait de remarquer, l’extension de l’âme qui soigne non pas parce qu’il veut être un soigneur, mais parce qu’il a simplement cet effet sur le monde autour de lui.
C’est un monde intérieur riche, un fort intérieur encore plus riche, où beaucoup ne peuvent s’ajuster, où la rationalité est abandonnée à la porte : il y a des monstres sous le lit, des métamorphoses, des mystères et de créatures mystiques.
Le monde intérieur du flegmatique, sa sensibilité, son ouverture, sa nature sérieuse est quelque chose que nous avons tous en nous à des degrés variables.
C’est quelque chose qui à sa plus simple expression, nous permet de rester humain.
Connecté au collectif, les rêveries, et le monde du mythe, c’est l’état flegmatique qui nous montre ce qui est caché.
C’est à partir de là que nous nous sentons connecté le plus profondément à chacun et au monde autour de nous.
Bien que l’état colérique soit le grand ‘Je’ de la séparation, le flegmatique est le ‘nous’ de l’universel – ce qui sous la surface cours en nous tous.
Différents et pourtant identiques, provenant et retournant toujours du même endroit, juste comme cette unique goutte de pluie qui finalement deviens un océan.

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A l’équilibre :

C’est incroyablement facile de parler à un flegmatique à l’équilibre. Il met les gens à l’aise, les font se sentir confortables, compris et acceptés.
Les flegmatiques à l’équilibre sont souvent ouverts d’esprit pour écouter le point de vue des autres, et comprennent facilement leur cheminement, même s’ils ne sont pas nécessairement d’accord.

En déséquilibre :

Un flegmatique en déséquilibre peut avoir ce truc sans aucune limites, où ils recherchent constamment des connections plus fortes avec les gens : une embrassade trop longue, coup d’œil trop appuyé, l’élément qui fera cette ‘connexion’, alors qu’en même temps ça va rendre les gens aux alentours très inconfortable.
Du fait de leur aversion à exprimer les choses directement, quand un flegmatique en déséquilibre veut quelque chose, ce peut être ressenti comme extrêmement manipulateur, car ils ne demanderont où ne s’exprimeront pas directement.
Un flegmatique en déséquilibre pense souvent qu’il est empathique alors qu’en fait il projette ses propres émotions dans une situation.

Que savoir si vous êtes flegmatique :

Prenez soins de noter la manière dont les autres personnes communiquent. Bien qu’il soit parfaitement naturel pour vous de communiquer en terme de sentiments, ce n’est pas tout le monde qui fait comme cela et ça peut rendre les gens inconfortables.
Prenez un peu le temps d’observer vos émotions, trouvez d’où elles viennent et pourquoi avant de les dévoiler aux autres. Ca aura quelques mérites : premièrement ça vous rend plus clair, deuxièmement, ça donne aux autres quelque chose de concret, parce que les gens ont besoin de concret.
Si vous rencontrez quelqu’un de colérique, ayez conscience qu’il voit le temps d’une autre manière que vous, et faites l’effort d’être à l’heure pour lui.
Trouvez et pratiquez une méthode d’auto soins. Ça vous aidera à vous affirmer dans le monde qui vous entoure, mais cela vous apportera aussi plus de clarté et de confiance.

Que savoir si vous avez un flegmatique dans votre vie :

Le flegmatique déteste les disputes.
Si vous en arrivez au point où il se lâche sur vous, alors vous l’avez poussé trop, bien trop loin dans ses retranchements.
C’est important de le conserver à l’esprit car certains tempéraments (*tousse* colériques*tousse*) aiment le sentiment de s’amuser en ayant une discussion un peu animée, et c’est vraiment dur pour les flegmatiques – ils se sentent coincés et attaqués.
Empathie ne signifie pas accord. En fait, ce n’est pas parce que votre flegmatique vous fait sentir compris qu’il ressent nécessairement la même chose.
Si votre flegmatique commence à déborder, c’est comme d’être auprès un orage émotionnel : demandez-lui ce qui ne va pas : ils ont souvent besoin d’*apprendre* qu’ils peuvent exprimer ces choses et ça peut prendre du temps.
Donnez à votre flegmatique l’espace dont il a besoin pour ses émotions. Ils peuvent avoir besoin de temps pour faire le tri du pourquoi ils se sentent comme cela, et dans cet espace, il se peut qu’il y ait quelque éclats émotionnels.
Si vous êtes, disons, colériques, ce peut être parfois particulièrement agaçant de rester assis avec un flegmatique qui est (souvent) en train de pleurer en essayant de trier les causes de leurs terribles sentiments.
Mais en laissant faire cela, sans tenter de réparer, sans essayer de leur dire ce qui ne va pas, juste d’être là quand ils font le tri de leurs pensées, vous démontrez que vous les soutenez dans leur état naturel.
Et c’est l’un des plus extraordinaires dons que vous puissiez faire.

Article original

Soulagement Naturel De La Douleur: les Tempéraments et leur usage pratique par Rosalee de La Foret.

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