Bétoine des bois : Stachys officinalis (Bettonica officinalis)

Par Jim Mcdonald :http://www.herbcraft.org/betony.html

bétoine
~:photo by Janina Holubecki of High Weald:~

La bétoine était autrefois l’une des plantes médicinale les plus révérée…
Il y avait en effet autrefois un dicton disant de quelqu’un qu’il avait

« autant de vertus que la bétoine »,

et l’herbaliste colonial John Sauer a écrit :

« il n’y a pas de maladies causées par le froid ne pouvant être administrées efficacement par la bétoine. »

Elle est pourtant aujourd’hui dans l’obscurité, utilisée par peu de personnes et rarement disponible au public par le réseau des magasins diététiques.

C’est une grande tragédie, car j’ai découvert que c’était l’une des plantes disponibles les plus utiles pour répondre à un grand nombre de maladies communes mais pernicieuses. Ses propriétés d’astringence, de légère amertume en a longtemps fait un remède digestif et cutané important, mais au summum de ses vertus nous trouvons son unique efficacité à traiter les tensions, les douleurs et la désorganisation centrée dans la tête et l’esprit (pour dire physique et énergétique).

J’ai utilisé la bétoine la première fois pour une amie qui souffrait d’un traumatisme crânien après un accident de voiture:

Quatre mois après le choc initial, elle souffrait toujours de vertiges fréquents, de maux de têtes, de désorientation et d’évanouissements ponctuels.

Elle était incapable de travailler ou de conduire, ce qui, comme on pouvait s’y attendre, rendait sa vie de mère bien difficile.

Elle n’était par nature pas disposée à envisager l’utilisation de plantes où des thérapies naturelles, et c’est en désespoir de cause des conséquences persistantes de cette blessure qui l’a amené à accepter ma proposition d’aide.

Je lui ai donné des granules homéopathiques d’Arnica pour l’impact à l’origine de la blessure et lui ai recommandé une pipette d’extrait de bétoine autant que nécessaire en cas de douleur à la tête, confiant dans l’usage traditionnel de la bétoine pour le traitement des chocs.

Je n’ai plus entendu parler d’elle, mais l’ai revue quelque semaines plus tard, et à mon grand désespoir, son expression douloureuse montrait l’intensité de ses maux de tête persistants.

Je lui ai proposé de prendre deux pipettes de teinture de bétoine dans un verre d’eau, pensant peut être qu’une dose plus forte serait plus indiquée (curieusement, aujourd’hui, je lui dirai de prendre de plus petites doses…).
Environ 10 minutes plus tard elle me demanda « c’était quoi ? Ma tête ne me fait plus mal… »
Quand je lui ai dit que c’était la bétoine que je lui avais envoyé il y a quelques semaines, elle m’a répondu :

« wow ! il va falloir que je commence à utiliser ce truc. »

Ce qu’elle a fait, allant de mieux en mieux totalement.

J’ai depuis découvert que la bétoine est excellente pour les maux de tête de toute sorte (les migraines comme les tensions), et au-delà, je l’ai vu avoir une action déterminante reconstituante.

J’ai noté plusieurs situations où, en plus de ses effets immédiats, une utilisation régulière ou journalière de bétoine en tant que simple, a diminué la fréquence et l’intensité de maux de tête chroniques jusqu’à ce que leur occurence soit drastiquement réduite voir éliminée.

J’ai récemment échangé avec Heidi Knab (une sainte herbaliste, bienfaitrice autant pour animaux que les humains égarés), et elle me racontait que depuis sa puberté jusqu’à ses 23 ans, elle avait toujours une migraine hormonale terrible, le dernier jour de son cycle.
Un ami lui a offert une infusion de bétoine, et chaque gorgée réduisait notablement la douleur jusqu’à ce qu’à la fin de la tasse la douleur ait totalement disparue.
Elle a continué l’usage de la bétoine pendant 6 mois, et n’a pas (encore dix bonnes années plus tard) eu de migraine avec ses règles.
Ça vaut plutôt le coup non ?

Elle m’a dit :

« Cela a modifié le fonctionnement de ma tête »

, ce qui a contribué à affiner ma pensée sur son mode d’action en reflétant plus ou moins ce que je pensais mot pour mot.

Ces bienfaits reconstituants sont le résultat graduel d’un usage continu, et je suppose qu’il n’y aurait pas ces effets si elle était utilisée ponctuellement où sans intention (traduit aussi en français).

Pour traiter la douleur aiguë (le « Aow ! » de tout de suite maintenant) des maux de tête, j’aurai plutôt tendance à utiliser la bétoine en combinaison avec d’autres herbes.

Un des mélanges que j’ai utilisé consiste en quantités égales de bétoine, actée à grappe et la Piscidia piscipula (Jamaican dogwood).

J’ai pu voir cette formule fonctionner remarquablement pour avorter une migraine naissante, si prise en petite quantité à intervalle régulier dès que les premiers indices se font sentir. Cela fonctionnera aussi en cas de prise après que la migraine se soit installée, mais c’est un peu moins efficace.

Bien sur, les autres herbes avec lesquels vous combinez la bétoine peuvent être modifiées suivant les situations:

  • Si un stress chronique et un épuisement incessant sont impliqués, l’ensemble gagnerait grandement de l’apport de l’avoine ;
  • En cas d’inquiétude intense avec essoufflement et des palpitations, agripaume.

Si, si si… comme toute chose herbaliste, le potentiel adaptatif est infini.

Concernant « la manière dont fonctionne la bétoine », il y a probablement une myriade de facteurs en jeu.

Comme la plupart des plantes de la famille des menthes, elle détient à la fois des propriétés relaxantes et stimulantes.

Cela peut paraître contradictoire, mais uniquement si nous faisons la fausse hypothèse que stimulation et relaxation n’existent qu’a des points opposés d’un spectre.

En réalité, la stimulation est celle de l’énergie vitale du corps, et la relaxation correspond précisément à la résistance à cette circulation.

Nous voyons donc que ces principes ne sont pas antinomiques, mais travaillent plutôt vers la même finalité et augmentent leurs capacités respectives de l’atteindre.

La bétoine relaxe véritablement les tensions dans la tête : la tension des muscles, des vaisseaux sanguins, des pensées et des émotions.

Elle ne fonctionne pas uniquement physiquement, mais semble changer la façon dont nous gérons l’énergie tant dans la tête que dans l’esprit d’une façon qui apaise les conditions de tension et d’engorgement pouvant empêcher la circulation libre et relâchée de la force vitale.

Si l’on va plus loin dans cette association de « tête », j’aime à utiliser la bétoine quand le stress d’une personne est coincé dans la tête :

  • Elle ne peut s’empêcher de penser,
  • Elle ne parvient pas à se relaxer,
  • Elle sur-analyse,
  • Elle n’est pas ancrée, et souvent, souffre de surtension mentale avec pour conséquence un véritable épuisement.
  • Elle canalise toute l’énergie possible dans la tête et elle la coince là car elle ne veut pas laisser ses pensées s’échapper.

Cela arrive fréquemment lorsque nous tentons de régler une situation stressante avec une compréhension intellectuelle.

Malheureusement, il y a beaucoup de situations qui ne peuvent être comprises ou résolues de façon intellectuelle ; et tenter de s’y contraindre ne peut mener qu’à l’épuisement mental (avec souvent des maux de tête comme compagnons).

Certains peuvent se trouver piégés en se demandant « pourquoi sont t’ils morts ? » et ne pas avoir de réponse intellectuelle pour résoudre cette énigme.

Essayer d’utiliser son intellect dans une telle situation est comme d’essayer de manger sa soupe avec une ampoule ; ça ne fonctionne juste pas.

Pris dans une telle situation, la bétoine permet à la fois de calmer l’esprit et libère l’énergie qui y est piégée, et de cette façon permet à nos autres facultés de s’exprimer pour trouver des solutions là ou notre intellect échoue.

La bétoine est aussi un tonique du système digestif, et on pense qu’elle renforce le plexus solaire, un sujet très joliment traité par Matthew Wood dans son livre Book of Herbal Wisdom .

Le plexus solaire serait le siège de l’instinct d’une personne ainsi que de ses facultés intuitives ; c’est la raison pour laquelle nous avons des expressions comme « je le sens en moi » et « fais confiance à tes tripes ».

En libérant l’énergie piégée dans la tête et en renforçant le plexus solaire, la bétoine sera d’une grande aide à ceux qui ignorent leurs intuitions profondes et qui tentent d’intellectualiser et rationaliser tout ce qui se passe autour d’eux:

Nous pouvons prendre l’exemple de la personne qui rencontre quelqu’un et qui, intuitivement, a un mauvais pressentiment.

Mais elle se rabroue d’être « dans le jugement » et finis par vivre une relation funeste remplie de tous les éléments toxiques anticipés par l’impression initiale.

La bétoine, je pense est utile dans de telles situations.

Et si, en effet l’usage du mot « funeste » correspond à sa définition (mortel, d’influence pernicieux, un mal pressenti ou menaçant) et n’est pas une exagération du mauvais caractère d’une personne, nous pourrions alors accéder à une autre des vertus de la bétoine, qui est sa capacité à dissiper le mal et éloigner les esprits aux mauvaises intentions.

Cette manifestation n’est pas nécessairement supra-naturelle (bien que je pense qu’elle est une bonne protection contre les sombres magies et ceux qui s’y adonnent, et Matthew Wood l’a utilisé en de nombreuses occasions pour les personnes souffrant de syndrome post traumatique après des rapts alien), nous pouvons parfois connaitre ou être lié à de telles personnes.

Pour accéder aux vertus ésotériques, il est possible de porter l’herbe dans une pochette médecine, ou de procéder à des frictions de teinture sur les tempes ou les poignets.

Cela va bien évidement vous faire vous questionner sur la manière dont votre système de croyance est en train de devenir particulièrement étrange, mais lorsque vous voyez opérer le changement autour de vous qui confirme cet usage plus d’une fois, vous accompagnez le mouvement.

Il est probable, après tout que vos amis et votre famille pensent déjà que vous êtes quelque peu « excentriques ».

 

D’un point de vue strictement physiologique (si d’aventure je vous perdais avec mon penchant pour les usages énergétiques, magiques et superstitieux), la bétoine est échauffante, astringente, légèrement amère, et a été utilisée pour améliorer la digestion en restaurant le tonus des tissus digestifs.

Elle a été également utilisée pour renforcer les tissus du système urinaire, c’est cette astringence qui explique également, sa longue utilisation « d’herbe à la blessure » : elle était utilisée pour contenir les saignements intérieurs et extérieurs.

Elle a historiquement été appliquée en cataplasmes sur toutes sortes de blessures, et était privilégiée spécifiquement pour les traumatismes, coups, et névralgies faciales (il existe également des formulations particulière pour les blessures à la tête laissant le cerveau exposé).

C’est une tonique des nerfs, qui nourris et construis l’énergie vitale par un usage régulier.

C’est une expectorante asséchant, indiquée pour les toux grasses en cas de rhumes.
Bien que je ne l’ai vue que rarement qualifiée de diaphorétique, en tant que lamiacées, ce ne serait pas surprenant.

Cette plante a véritablement été considérée historiquement comme une panacée, permettant d’améliorer toutes les conditions où elle était administrée.

D’après mon expérience, je n’ai que peu de raisons de ne pas être d’accord.

Elle est efficace fraîche ou séchée, en infusion ou en teinture, pilée dans le miel, infusée dans le vinaigre ou le vin, fumée (Grieve écrit que les feuilles étaient fumées avec du tussilage et de l’euphraise contre les maux de tête), prisée ou brassée en bière (la bière de bétoine est une chose très particulière…qu’il me faut encore parvenir à décrire dans ses saveurs et effets.

Parmi les différentes familles botaniques, Pedicularis (Lousewort) a aussi le nom de bétoine ou bétoine des bois, assurez-vous d’utiliser la bonne.

Le nom latin de la bétoine des bois européenne dont je parle peut être Stachys officinalis, Stachys Bettonica ou Bétoine officinale.

Bien que Stachys et Pedicularis soient les deux considérées comme des plantes à tropisme nerveux, elles ne sont pas véritablement interchangeables (les espèces de Pedicularis n’ayant pas particulièrement d’affinité pour la tête), et dans tous les cas vous devez porter attention aux plantes que vous utilisez.

J’ai aussi vu une réaction particulière qui se doit d’être mentionnée : une femme ayant senti la migraine arriver (« ça commençais juste à aller mal ») a pris quelque doses de trois gouttes pendant une heure et a constaté que malgré une diminution initiale de la migraine, elle s’est dramatiquement aggravée au point de vomir et de souffrir une longue « gueule de bois » les jours suivants.

Je ne sais pas si cela peut être totalement attribué à la bétoine (elle-même ne sait pas), car d’autres facteurs étaient en jeu, mais voilà tout de même.
David Hoffmann m’a expliqué qu’il a beaucoup utilisé la bétoine des bois durant sa pratique aux Pays de Galles et n’a lui jamais vu d’aggravations.

La bétoine des bois n’est pas très rependue ici, mais elle pousse facilement à partir de graines et prospère sur les terrains abandonnés.

Prenant à nouveau l’opportunité de citer un dicton rendu par Grieve sans son Modern Herbal, je vous conseillerai, comme le disaient autrefois les italiens : « vendez votre manteau et achetez de la bétoine. »

Autres ressources sur la bétoine en français:

Par Gilles Corjon : La Bétoine, l’Herbe à la Saignée 

Par le Dr Coqueret : Betoine 

D’autres Articles par Jim Mcdonald:

Kava kava -Piper methysticum-

La Violette

De L’Intention

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