Les Huiles Essentielles par Cathy Skipper

Huiles Essentielles

Ann Ambrecht: Au Symposium des herbes 2013, j’ai participé à l’atelier d’huiles essentielles de Cathy Skipper. Cathy a été élève et maintenant enseigne à l’Ecole Lyonnaise des Plantes Médicinales en France.

Je ne connaissais pas grand-chose aux huiles essentielles et j’étais curieuse d’en savoir plus. J’ai été impressionnée par Cathy et ses huiles pour trois raisons particulières :

Tout d’abord, avant de parler des utilisations des huiles essentielles, elle a parlé des  plantes, de la quantité nécessaire pour fabriquer les huiles, de l’importance d’une récolte et d’une fabrication durable.

Deuxièmement, elle a conseillé à tous ceux qui étaient intéressé par l’utilisation d’huiles essentielles, de passer au moins un mois à faire des recherches sur les huiles, leur source et la société qu’ils choisissent avant de commencer à les utiliser.

Et enfin, après avoir fait circuler quelques huiles essentielles à sentir, j’ai du partir car l’intensité de l’odeur m’a donné mal à la tête.

J’en ai conclu que les huiles essentielles n’étaient pas quelque chose à prendre à la légère, et jusqu’à ce que j’aie plus de temps à y consacrer, j’ai décidé qu’il était plus sûr de les laisser tranquille.

Vu que je ne les utilise pas souvent, je ne connais pas bien l’industrie, les sources et la chaine d’approvisionnement. Mais du fait que les Huiles essentielles sont de plus en plus populaires et parce qu’elles ont un tel impact sur les populations végétales, j’ai décidé que j’avais besoin de commencer à en savoir plus. Cette interview avec Cathy Skipper était le premier pas de cette exploration.

Tout comme les autres interview de ce blog, mon but est de présenter une collection variée de perspectives et de voix devant vous permettre d’obtenir l’information nécessaire pour prendre la meilleur décision vous concernant. Mes choix ne seront peut-être pas les vôtres. Mais si vous vous procurez des remèdes à base de plantes, huiles essentielles comprises, je crois qu’il est crucial de vous éduquer suffisamment pour faire un choix avisé, pour votre propre santé et celle de la planète. Plus d’informations sur le projet  Sustainable Herbs Project  Et pour une bonne vue d’ensemble de problèmes similaires d’approvisionnement dans l’industrie des plantes, vous pouvez lire les interview avec Josef Brinckmann of Traditional Medicinals  and Sebastian Pole of Pukka Herbs.

 

 

Comment les huiles essentielles sont-elles fabriquées :

Ann : J’ai été très impressionnée par ta recommandations que quiconque intéressé par l’usage d’huiles essentielles devait passer un mois à les étudier. Ça m’a calmée ! Pour moi, il me parait plus simple et plus sûr d’avoir recours à l’usage de tisanes et de teintures pour se soigner plutôt que les huiles essentielles. Mais souvent, les gens parlent de plantes et d’huiles essentielles indifféremment, comme si c’était basiquement la même chose. Peux-tu expliquer leurs différences principales et comment elles fonctionnent pour les soins ? A quel moment sont-elles nécessaires et à quel moment est-il préférable d’utiliser des infusions, des teintures et ou d’autres formes de soins traditionnels à base de plantes ?

Cathy : Les plantes et les huiles essentielles sont des outils différents dans la trousse de vue-sur-lhuile-essentielle-et-lhydrolat-dans-le-vase-florentin-2l’herbaliste. De toute évidence ils proviennent de la plante mais n’ont pas la même fonction médicinale.

Les teintures et les infusions sont extraits par un processus de macération dans de l’éthanol où de l’eau respectivement. Les principes actifs (métabolites secondaires) qui ont une affinité avec le véhicule utilisé pour extraire sont alors retrouvés à différents degrés dans la préparation.

Les huiles essentielles sont obtenues par un processus complètement différent. Elles sont produites avec un alambic par un processus connu sous le nom d’entrainement à la vapeur d’eau*.

Dans l’entrainement à la vapeur d’eau, au travers du contact avec l’eau et la chaleur, les poches à essences des plantes sont transformées à partir des essences de plantes en ce que nous connaissons comme étant les huiles essentielles. La vapeur passe à travers les plantes et brise les poches contenant les essences, emportant avec elle les molécules les plus légères. La vapeur ne peut emporter que les molécules volatiles légères (avec un maximum de 20 atomes de carbone (les di terpènes)).

Ce qui veut dire que les huiles essentielles ne contiennent aucune des molécules plus lourdes, non aromatiques que l’on peut retrouver dans les tisanes et les teintures comme les tannins, les mucilages et les alcaloïdes. Inversement, bien que les infusions et les teintures contiennent des molécules aromatiques, elles sont en quantité minimes comparativement aux taux concentrés des huiles essentielles.

Le terme d’huile essentielle peut porter à confusion du fait que ce ne sont pas des huiles et qu’elles ne sont pas graisseuses. Et pourtant elles sont lipophiles, ce qui signifie qu’elles ont une affinité pour les substances huileuses et se diffusent bien avec elles à l’inverse de l’eau dans laquelle elles ne sont pas miscibles et ne font que flotter à la surface.

 

Les huiles essentielles comme élément de la boite à outil herbaliste.

En tant qu’herbaliste, j’ai une boite à outils qui contiens des tisanes, des teintures, des essences de fleurs , des huiles essentielles, des macéras de gemmothérapie, des hydrosols, des baumes, etc. Aucun de ces outils n’est véritablement interchangeable. Chacun a son rôle et je les utilise seul ou côte à côte, suivant la personnalité du patient.

J’ai tendance à utiliser les huiles essentielles quand j’ai besoin d’une action rapide pour tenter de contrer une infection. Par exemple, considérant des molécules comme les phénols ou les mono terpènes qui ont une puissante action anti-infectieuse, ce seront les meilleurs outils pour accomplir cette tâche.

Je vais aussi utiliser une huile essentielle spécifique : si je travaille par exemple sur un état émotionnel qui a besoin de s’exprimer, le néroli par exemple peut être indiqué pour le deuil qui doit être reconnu.

Ces deux situations correspondent à des usages très différents, et j’ajusterais les dosages et les méthodes de traitement en fonction :

Là où il y a présence d’infection, je pourrais tout à fait demander une courte administration en interne.

Alors qu’avec le néroli, il peut suffire au patient de sentir l’huile directement au flacon.

En plus, pour infection, une infusion où une teinture peut être ajoutée à la prescription.

Une bonne illustration est le cas de l’infection respiratoire : une infusion avec des herbes pectorales et mucilagineuses peuvent en même temps renforcer le corps s’il y a inflammation et toux, et une teinture de plante stimulante des reins va aider l’organisme à supporter le traitement aux huiles essentielles et se débarrasser des toxines issues de l’infection.

Tout comme un artisan, je choisis l’outil, ou la combinaison d’outils dont j’ai besoin à chaque instant précis.

Tous les outils sont dans le thème (les soins à base de plantes) mais leurs spécificités diffèrent suivant la forme d’extraction qu’a subit la plante et donc les molécules qu’ils contiennent ainsi que leurs forces et mode d’action.

 

 

Plus sur la façon dont les huiles essentielles sont produites

Ann : je sais que les huiles essentielles sont incroyablement puissantes. Peux-tu nous dire comment sont-elles faites ?

Cathy : j’en ai un peu parlé précédemment, mais pour entrer dans les détails, une quantité faramineuse de matière végétale est nécessaire pour démarrer. Il y a d’une part, jusqu’a 7000 tonnes nécessaires de Melissa officinalis étant la plante au plus faible rendement, à d’autre part sept kilos de clous de girofle séchés étant une de celle au plus fort rendement.

La matière végétale est alors distillée soit fraîche où pré fanée pendant un temps pour permettre au contenant en eau de la plante de d’évaporer, de même, les plantes fibreuses où les écorces sont souvent séchées trois semaines avant distillation. On fait un feu pour réchauffer la cuve, qui contient l’eau qui va générer la vapeur. La matière végétale est positionnée au moins 10 cm au-dessus de l’eau dans la partie basse de l’alambic. Certains distillateurs utilisent la matière végétale restante des précédentes distillations pour chauffer l’alambic, permettant d’éviter d’avoir à acheter où couper du bois.

La qualité de l’eau est vitale si l’hydrosol sera voué à un usage thérapeutique car la vapeur qui capture les molécules aromatiques est produite par cette eau.

L’eau bout, générant de la vapeur, elle s’élève et passe au travers les plantes en éclatant les poches, les canaux et les glandes qui contiennent les essences.

Les essences sont entraînées avec la vapeur dans un courant ascendant, et vont passer  à travers le couvercle à tête de cigogne puis dans une ‘’lentille’’ en français. Je ne trouve pas de traduction anglaise, mais c’est un contenant en forme de plat au-dessus de la spirale de condensation pleine d’eau froide qui crée la condensation où l’état gazeux se transforme en liquide qui continue le long du serpentin, une spirale en cuivre mesurant environ six mètres (suivant la taille de l’alambic) contenu dans de l’eau froide. Le liquide refroidis s’écoule dans un vase de décantation, et dans la plupart des cas (pas les clous de girofle en tout cas) l’huile essentielle, étant d’une densité plus légère que l’eau, flotte au-dessus de l’hydrosol. Les deux peuvent être soutirés en utilisant des robinets à différents niveaux du vase de décantation.

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Ann : ça paraît tellement complexe- bien plus que de simplement remplir un pot de plantes fraiches et de les couvrir avec de l’alcool ! Et c’est aussi beaucoup plus de matière végétale. D’où proviennent la plupart de ces plantes ? Quels sont les principaux problèmes associés à l’approvisionnement en plantes pour les huiles essentielles ?

Cathy : C’est une question réellement très importante. Différentes huiles essentielles exigent différentes quantités de plantes. Prenez le sapin du Colorado par exemple (Abies concolor), qui est plus ou moins au milieu : il fait 500 kilos pour 1 litre. Ce sont des quantités gigantesques, et l’huile essentielles deviens de plus en plus populaire : elles ne sont pas simplement utilisés pour les soins, mais pour les cosmétiques, les bains, les gels douches, les produits de nettoyage, les arômes alimentaires et les traitements agricoles par exemple.

Je crois personnellement qu’il est important de ne pas perdre de vue leurs origines : ces essences de plantes proviennent de métabolites secondaires que la plante produit pour se défendre de pathogènes, attirer les pollinisateurs, gérer des conditions climatiques extrêmes. Elles nous procurent des soins concentrés, mais à quel coût pour les plantes ?

Je vis en France, et donc pour m’approvisionner, j’achète toujours les huiles essentielles produites localement de petites distilleries artisanales, qui font leurs huiles traditionnellement. De cette manière, il est toujours possible de rendre visite au distillateur, d’apprendre à le connaitre, de savoir comment il travaille et pour moi, le plus important et d’avoir une idée de son attitude et de sa relation avec les plantes.

Je dis ‘’plus important pour moi’’ pour différentes raison :

 

  • Écologiquement, étant donné le volume de plante nécessaire pour faire une petit quantité d’huile essentielle, il est très important que la récolte soit menée avec attention et respect pour la plante, et que cette récolte prenne en compte le besoin pour la plante de se régénérer, de se multiplier et de repousser dans le futur.

 

  • Si les huiles essentielles sont utilisées pour des soins, je ne peux comprendre que l’on puisse concevoir utiliser autre chose que des plantes sauvages où cultivées biologiquement. Et pour les plantes sauvages, il est crucial que le ramasseur choisisse des zones de récoltes éloignées des routes et de la pollution agricole.

 

  • Un point qui m’est particulièrement cher est le soin et la sensibilité du cueilleur envers les plantes. Quelle relation a t’il / elle avec les plantes en elle mêmes. Est-ce qu’il/elle les voit comme des êtres vivants ? Est-il / elle conscient que ce n’est pas juste les molécules de la plante mais l’énergie insufflée à chaque étape de leur préparation tel que l’attitude du récoltant envers les plantes à la cueillette, les pensées, où ce qu’il/ elle était en train de penser qui aura une implication dans la produit fini ?

 

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Il est important que les huiles essentielles soient distillées doucement et aussi longtemps qu’il est nécessaire pour extraire le ‘totum aromatique’ qui représente l’ensemble des possibilités des molécules aromatiques contenues dans la plante. Comme nous l’avons vu précédemment, seuls les molécules volatiles et aromatiques sont distillées et il est important que l’intégralité de ces molécules végétales ici la fraction aromatique soit entraîné par la vapeur.

Cela signifie que ce qui est appelé tête de distillation (les molécules plus légères), le cœur (la phase médiane qui va donner le corps de l’huile essentielle), et la queue (les molécules plus lourdes) soient toutes collectées par la vapeur. Cela prend du temps. Avec certain chémotypes de thym, ça peut prendre moins d’une heure pour obtenir les trois quart des molécules volatiles et encore une heure et demi pour distiller le reste.

Comme l’énergie et le temps sont onéreux, certain distillateurs coupent le processus avant la fin. Thérapeutiquement, l’huile essentielle en question ne sera pas complète. En aromathérapie, même les molécules présentes en quantités infimes jouent dans la synergie de l’huile et donc dans son action. De la couper dans son temps de distillation va nécessairement avoir un impact sur son efficacité.

Lorsqu’on se procure des huiles exotiques venant d’autres pays, il est plus difficile de s’assurer de l’intégrité des plantes et de la manière dont elles sont traitées de la récolte jusqu’au produit fini. Il est donc important de contrôler l’appellation biologique, et pour les pays où il n’y a pas de certifications, il faut vérifier qu’il existe une forme de garantie sur la traçabilité. Ici en France, la plupart des petits distillateurs travaillent en partenariat avec des autres distillateurs. A Madagascar, par exemple, et de cette manière, la qualité peut être garantie car tous les distillateurs se connaissent, sont voisins où ont des liens, tout se sait, de la distillation à la récolte jusqu’à la philosophie générale du producteur.

 

 

Utilisation d’huiles essentielles aux Etats Unis

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Ann : Dans ton atelier, tu soulignais comment les huiles essentielles étaient utilisées différemment entre la France et les Etats Unis. Peux-tu nous en parler ?

Cathy : Je vois des choses sur les réseaux sociaux et je discute avec ma grande amie Jade Shutes (présidente de la NAHA-association nationale d’aromathérapie holistique) de la situation des huiles essentielles aux Etats Unis. Les gens qui me connaissent savent que j’aime l’Amérique et les Américains, mais sur la question des huiles essentielles, je suis atterrée par les méthodes de vente et d’exploitation de ces précieux soins à base de plante d’une part et d’autre part des conflits dans le monde de l’aromathérapie lui-même. Ça me rend très triste.

Mon idée est qu’en tant qu’être humain et par-dessus tout en tant que soignant, nous nous devons d’être parfaitement clairs au sujet des outils que nous utilisons. Je pense que les soins à base de plante sont fondés sur une relation entre la plante, le praticien et la personne ayant besoin de soins. C’est une relation à trois.

Si les plantes qui ont été récoltées pour les huiles essentielles l’ont été dans une attitude de ‘’profit par-dessus tout’’ et n’ont jamais été reconnues pour leur vitalité, leur  forme si précieuse et leur rôle clé dans la prochaine étape qui est tout de même la guérison, il y aura plusieurs conséquences :

La première est que l’huile essentielle va garder en mémoire la manière dont la plante a été traitée ainsi que les motivations des gens qui ont eu un rôle à jouer dans les étapes avant de les inclure à la distillation. Donc si la principale motivation était ‘‘récoltons le plus de possible de matière végétale aussi vite que possible parce que le temps c’est de l’argent’’, alors l’huile essentielle sera moins appropriée pour soigner qu’une plante récoltée avec un but premier de soins, avec du respect pour la plante et son environnement écologique.

Deuxièmement, peut être sur un niveau plus subtil, je pense que nous serions bien ignorant de penser que nous pourrions violer la nature et travestir le produit fini en outil thérapeutique sans qu’il y ait de conséquences. Nous récoltons ce que nous semons.

Je suis effarée des éthiques souvent nauséabondes qui paraissent enserrer ‘’l’industrie’’ des huiles essentielles en Amérique. Le simple mot d’ ‘’Industrie’’ résonne d’une tonalité assez éloignée  de ‘’soigner’’. Je ne sous-entends pas qu’un commerce ne peut être sain et considéré, et je suis sûr que beaucoup de sociétés d’huiles essentielles le sont. Pourtant ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Je pense que la dissonance dont est victime l’aromathérapie aux Etats Unis est en partie liée à une approche tout à l’envers. Il y a trop de ‘gros business’’ dominants, et les gens sont trop souvent focalisés par la bouteille d’huile essentielle et oublient (l’on t’ils connues un jour) la plante derrière la bouteille.

 

A mon avis, il y a un besoin en formation d’aromathérapie afin de ramener la plante dans son rôle central, de la comprendre, de communiquer avec elle, d’apprendre à son sujet ainsi que ses conditions de croissance. Il faut tout d’abord aimer la plante pour ensuite apprendre à connaitre les formes de soins que l’on peut en faire…

C’est pour moi l’approche la plus cohérente. La guérison ne s’arrête ou ne commence pas à des molécules, la guérison a aussi besoin d’amour et de magie tout du long de la ligne de production de la plante : récolte, traitement, commercialisation, préparation et prescription. Cela peut sembler utopique et ça l’est étant donné le contexte de notre société moderne, mais c’est aussi normal de revenir aux bases, ce qui n’est rien de moins qu’une relation saine entre la plante et l’humain.july2011-003-79

En France, je ne peux pas dire qu’il y ait un tel phénomène et j’espère qu’il n’y en aura jamais. Je vais vous partager un secret, je ne sais pas si c’est convenable, mais je vais le dire tout de même : fabriquer des huiles essentielles pour les transformer en point de vente est à l’opposé de ma conception de la phytothérapie du futur.

Mon cheminement personnel va vers la communication avec les plantes, comprendre le message de la plante, demander quelle information nous apporte la plante.

Les huiles essentielles sont une bonne manière de comprendre  et de travailler avec la ‘raison d’être’ (en français dans le texte) de la plante. Ma manière de ressentir et de comprendre le monde donne beaucoup de relief au côté invisible des choses. Par-là, je veux dire que la plante est une incarnation sur terre dans une enveloppe physique comme toutes les formes de vies.

Il est facile d’oublier que derrière l’enveloppe physique il y a un être, pour moi ce n’est pas le physique qui crée l’âme, mais l’âme qui crée le physique. Dans le mouvement herbaliste de l’ouest, nous sommes prêts, je pense, à intégrer l’aspect de l’esprit de la plante dans notre manière de travailler avec elles.

Je crois que dans la phytothérapie du futur, nous allons travailler de plus en plus avec le message des plantes et nous aurons de moins en moins besoin d’enlever la plante du sol. L’information de guérison sera subtilement transmise de plus en plus facilement. Je le vois actuellement dans ma propre pratique, où dans certaines situations, le patient peut être aidé juste en tenant une bouteille d’huile essentielle. Un soin herboriste est pour moi un travail conjoint entre les plantes et l’humain.

Pas uniquement des humains exploitant qui profitent de la plante, ce qui à mon avis, n’est qu’un business dénué de débouchées thérapeutique.

J’ai travaillé avec un français nommé Claude Lefebvre sur la communication avec les plantes pour apprendre non seulement à communiquer, mais voyager dans le monde de la plante guidé par l’esprit de la plante. Après cela, il est impossible de revoir une plante comme un amas de molécules inertes libres d’être exploitées. Claude viens de terminer l’écriture de deux livres sur le sujet et j’ai commencé à les traduire en anglais, ils devraient être disponibles fin 2015.

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Ann : Cela semble fascinant, je suis mois aussi très attirée par cette façon de travailler avec les plantes et je suis impatiente de voir ta traduction ! Étant donné ce qui a été dit plus haut, qu’est-ce que devraient vérifier les consommateurs intéresses par l’utilisation d’huiles essentielles issues de plantes approvisionnées par des sources durables ?

Cathy : Quand c’est possible, travaillez avec des distillateurs locaux. Quand je dis travaillez avec eux, ça veut dire de leur faire savoir que vous utilisez leurs huiles pour une finalité thérapeutique, et que l’ensemble de la qualité est vraiment très importante. Vous pouvez proposer d’être présent lors de la distillation et de voir comment les choses sont faites, parlez avec eux de leurs techniques de récoltes etc.

S’il n’y a pas de distillateurs près de chez vous, ce qui est souvent le cas, demandez à d’autres aromathérapeutes de vous recommander aux distillateurs avec qui ils travaillent.

Essayez, et achetez directement auprès de lui, où auprès de revendeurs qui sont transparents sur leurs produits et travaillent eux même de manière proche avec les distillateurs à qui ils achètent.

Vérifiez le site des distillateurs : ont-ils une page sur leur philosophie et leurs méthodes de travail. Le distillateur français avec qui je travaille le plus et que je connais d’autant mieux qu’il est l’un de mes ancien élève, Christophe Cottereau des Senteurs du Claut (www.lesenteursduclaut.fr), travaille consciencieusement de la récolte au produit final.

Il y a une page sur leur site qui décris l’endroit de récolte, comment ils récoltent, et ce qu’ils récoltent. Ils insistent également sur la gestion des sites de récolte, laissant au moins un tiers des plantes récoltées pour assurer le renouvellement sachant qu’ils ne récolteront pas sur le même site pour au moins deux à trois ans. En France, le Syndicat des simples a une charte très stricte pour la cueillette, ils sont un label de qualité en France, leur philosophie étant :

  1. Superviser avec soins chaque étape de production et de transformations des plantes médicinales.
  2. Les récoltes sauvages doivent être menées dans des zones éloignées de pollution et respecter le renouvellement des ressources récoltées.
  3. Une identification botanique rigoureuse des plantes récoltées doit être menée afin d’assurer la sécurité des consommateurs.
  4. Toute technique d’agriculture doit être respectueuse de l’environnement.
  5. Le consommateur doit pouvoir bénéficier d’un produit de haute qualité qui est le reflet du respect de l’environnement dont il est issu.

 

 

 

* Nota : L’exception à cette règle est la famille des citrus (Rutaceae), dont l’essence est extraite par un processus mécanique du nom de pressage à froid. Techniquement, elles sont connues comme étant des essences et non des huiles essentielles du fait qu’elles n’ont pas été modifiées d’aucune manière de l’état dans lequel elles sont trouvées dans les plantes. Néanmoins, dans le monde de l’aromathérapie, il reste acceptable de les grouper avec les huiles essentielles.

 

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Article original

Autre article par Cathy Skipper au sujet des essences de fleurs en pratique herbaliste

Article sur la grossesse et l’aromathérapie :

Aromathérapie et Grossesse

Autres articles issus du blog Numen:

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