Sorcellerie, Curanderos et chuck Garcia

Article original :http://www.hispanicherbs.com/articles.html#witching

Par Chuck Garciahttp://www.hispanicherbs.com/

Cette leçon démarre généralement avec ma question à mes étudiants : « Quelle est la différence entre les croyances et les superstitions ? »
J’ai des réponses intéressantes mais la plupart sont à côté.
Je dis alors : » La croyance est quelque chose que j’ai. La superstition est ce que vous avez. »
A ce point ils comprennent.
Tout est question de perception et d’interprétations culturelle. Les ethnologistes du 19 è siècle, tout autant que ceux de la fin du 20è ont utilisé le terme de superstition dans un sens négatif et péjoratif.
Les croyances de toutes les populations indigènes ont été entassées dans la catégorie des superstitions.

Les superstitions n’ont pas de valeurs, n’ont pas un niveau de valeur religieuse et n’ont pas de bases dans la pensée orthodoxe. Heureusement, le terme superstition est en train de doucement péricliter.
Nous avons tous des croyances.
Certaines croyances peuvent être comprises par des étrangers. Certaines ne le peuvent pas. C’est ainsi.
A ce moment, Je demande à mes étudiants ceci :  »Je n’attends pas de vous que vous croyez au super naturel. Je vous demande de croire que j’y crois. » Ce sont les seules règles de bases de cette lecture.
Laissez-moi démarrer avec une histoire de fantômes (espérant que cela vous glace un peu le sang, eheheh).

La Llorna:

Parmi les pays et communautés  d’Amérique latine, certaines croyances sont communes: La voix de la Llorona, La femme qui pleure, est entendue de la Californie aux Philippines.
L’origine de ce conte est perdu dans l’histoire, mais elle est supposément une très belle indienne devenue la traductrice et la maitresse d’Hernando Cortez (conquistador s’étant emparé de l’empire Aztèque).
A l’origine elle était appelée la Malinche.
Aujourd’hui, c’est l’une des pires insultes que vous pouvez proférer à une femme (ou un homme) car cela va bien plus loin que la trahison politique. Une « Malinche » ou « Malincho » est une pute traîtresse. Bref, un traître à une entière race de gens. En Californie c’est une insulte rarement utilisée. Pistolets et couteaux apparaissent souvent lorsque le mot est utilisé.

La Malinche est devenue la Llorna quand Cortez la finalement répudiée. Dans un accès de rage, elle assassina les enfants qu’elle lui avait porté. Quand elle repris ses sens, elle s’enfuit en courant, pleurant et hurlant dans la nuit. Elle pleure depuis toujous pour ses enfants assassinés… Le truc effrayant.

Dans la vallée centrale de Californie, la fin d’hiver et le début du printemps sont très brumeux.
Etant enfants en revenant de l’église, le long d’une voie ferrée, nous entendions souvent un cri désincarné sortir du brouillard.
Cela nous faisait toujours piquer un sprint pour revenir à la maison.
Qu’étai-ce ? Vous avez deviné ! La Llorna… enfin c’est ce que nous disaient nos parents avec l’avertissement, « Soyez gentil les enfants, où la Llorna viendra vous chercher ! »
Je pense qu’elle est la version hispanique du Croque mitaine.
Quand ma mère revenait me voir il y a quelque années, je lui ai demandé sui elle se souvenait de la Llorona.
Elle s’en souvenait et ajoutât cette information:
Ce que nous avions entendu étant enfant était les pleurs d’une vieille femme qui avait vécu plusieurs années près de la voie ferrée.
Un train avait tué son fils ainé qui était son préféré, un de ces jour de brouillard particulièrement épais qui empeste la vallée.
Elle finit folle lorsque ses enfants survivants se marièrent et partirent.
La communauté lui apportât de la nourriture, un peu d’argent et des fleurs pour le reste de sa vie. Cette histoire me rasséréna quelque peu. Je lui demandais alors pourquoi je n’avais jamais entendu parler d’elle ? Ma mère me dis, « Oh, hijio (mon fils), elle est morte avant que tu ne naisse. C’était son esprit. »
Un frisson me parcouru l’échine !

Comment pourrait alors un curandero (guérisseur hispanique) protéger un client de la Llorona ?
Bien dans la plupart des cas il ne le ferait pas, vu que le fantôme n’est pas nécessairement mauvais.
Mais en Californie, pour protéger un enfant de la peur, une petit croix de branches de romarin où de mûrier dont on a enlevé les épines serait fabriqué. Une petite pierre bleue ou de la poussière de pierre bleue serait enveloppé dans une feuille de sauge et attaché au montant d’une croix.
La variantes sont : une pincée de farine de maïs enveloppé dans de la sauge, du sel de mer, une goutte de sang menstruel d’une vierge dans de la sauge, où des cheveux de nouveau nés (encore) emballé dans de la sauge. Vous pourriez me demander pourquoi de la sauge ? dans les cinq années que j’ai passé à étudier ces usages, je n’ai aucun indice. Ce qui pourrait s’en approcher le plus est l’ancien mot de sauge qui se traduirait par sauveur. Salvator.
Il y a quelque années, je patrouillais les quais de Richemond avec une autre policier hispanique nommé Gus Hernandez.
Je ne vous avait pas dit que j’ai été policier plusieurs années ?
Il était bien après minuit et nous prenions une pause-café bien méritée.
D’une colline voisine, nous entendîmes un hurlement à s’en glacer les sangs. Automatiquement, nos mains se sont portées vers nos revolvers .
« La Llorona » ! avons-nous dis ensemble.
Maintenant, il faut aussi préciser que Gus est né et a été élevé à Oakland. Le plus proche qu’il n’ait jamais été de la campagne était quand il est venu récupérer des légumes au Safeway.
Nous avons fait une patrouille tremblante mais minutieuse de la zone d’où est venu le hurlement.
Nous n’eûmes pas besoin de café cette nuit-là pour rester éveillé. Bien sûr nous n’avons rien vu ni trouvé. Mais nous avons partagé nos versions de Llorona.
Ouaip, elle est même dans les lointaines rues d’Oakland.
Et la nuit suivante, Gus avait une petite croix de romarin fourrée dans sa poche d’uniforme. J’avais trempé mes balles dans de l’eau bénite.

Les démons volants où  « gentes de chusma », qui naviguent les vents nocturnes, sont une autre croyance commune.
Il est possible que cette croyance provienne d’une combinaison de sources.
Beaucoup d’indiens pensent que le hibou est un messager de mauvais augure où de malchance.
Les espagnols croyaient aux sorcières qui prennent la forme de chouettes.
En définitive, la nuit elle-même était souvent considérée mauvaise pour la santé.
L’air nocturne où « el Sereno De La Noce » (la rosée nocturne) était considérée très mauvaise.
Se pourrait -il que ces peurs soient venues de la croyance que la malaria (latin pour mauvais air) était répandu par l’humidité et les vents nocturnes ?
Donc, que pourrait bien faire un guérisseur respecté contre ces problèmes ?
Tout d’abord fermer les volets. Deuxièmement, éparpiller des graines de moutarde sur les seuils de fenêtre.
Troisièmement, brûler des écorces de citron dans la maison. (De manière assez intéressante, c’était les même méthodes utilisées pour repousser les moustiques dans les années humides de la Vallée centrale.)
Quatrièmement, porter une petite amulette d’ail autour de votre cou. ( semble familier ?).
Non seulement, ces méthodes gardaient les démons volants au loin ; mais en plus ils repoussaient les moustiques porteurs de la malaria.
Etant enfant, je me souviens de l’épidémie d’encéphalopathie de la fin des années 50. Les moustiques répandaient cette maladie potentiellement dangereuse.
Les familles Anglos attendaient que le département d’éradication des moustiques résolvent le problème.
Les familles hispaniques utilisèrent leurs bonnes vieilles méthodes  éprouvées contre les « gente de chusma ».
Il n’y eu qu’un seul cas hispanique d’encéphalopathie dans ma ville natale. Malheureusement il y a eu de nombreux cas Anglos .

Le concept de « brujeria » où sorcellerie est profondément enraciné dans la culture hispanique.
Mais en Californie et le Sud-Ouest, c’est très différent de nos cousins de la Côte Est : En Californie et le Sud-Ouest, les Indiens n’avaient pas de concept d’un bien suprême où d’un mal suprême.
Comme pour les gens, il y a du bon et du mauvais, il y a de la folie, il y a de la maladie, il y a même des concepts de restitution et de rédemption.
En Californie, le shaman où homme médecine marchaient sur un délicat équilibre entre faire le bien et faire le mal/
Les croyances dans certaines tribus étaient que vous ne pouviez avoir l’un sans l’autre.
Un shaman qui faisait de la « mauvaise magie » l’adressait généralement vers les fainéants, les agresseurs, les enfants récalcitrants, où les gens dont la tribu ne voulait plus.
(Il devrait être néanmoins noté qu’un shaman avec la main lourde, qui fait une chose « mauvaise » de trop pouvait être condamné à mort par le village.)
Mais la buijeria (sorcellerie) Indienne n’a jamais embrassé le concept de diable, satan, où seigneur du mal à aucun niveau en Californie. Dans le Sud-Ouest, c’est plus commun.

Les brujos et brujas (sorciers et sorcières) de Californie font des actes mauvais parce qu’ils aiment cela.
Il n’y avait pas de raisons liées à leurs attaques sur des innocents.

Imaginez les comme ayant une mentalité de tueurs en série ( bien qu’il soit très rare qu’ils commettent des meurtres).
Mais, il faut bien manger. Et une bonne façon d’avoir de l’argent sans travailler,c’ est l’extorsion.

Brujos et brujas jetaient souvent  le mauvais sort (mal puesto) sur leur voisins, leur offrant de lever la malédiction pour un prix.
Les migraines étaient un sort assez commun et efficace : Le brujo mettrait des graines de piment chili dans une petite gourde, où une citrouille.
Il les secoueraient vigoureusement en chantant le nom de la victime et enverrai une image du cerveau de la victime pulser de douleur, au travers de la ville dans l’esprit de la pauvre victime.
En quelque jours, la victime viendrais au brujo, parlant d’une douleur terrible dans sa tête demandant s’il y a quoi que ce soit que le brujo puisse faire.
Le brujo sourirait et dirait quelque chose comme, « Vous êtes venu au bon endroit ! » avec l’intonation d’un vendeur de voitures d’occasion.
Tout ceci s’exécute dans la plus grande politesse : Un prix pour le soin est établis, et si la victime est intelligente, elle ne négocie pas trop.
Le brujo dis à sa victime : «  rentrez à la maison et je vous enverrai un sort de guérison. »
Le temps que la victime rentre chez elle, elle se sent terriblement mieux.
La gourde et les graines de chili sont jetés dans de l’eau courante et le brujo peut profiter d’un billet de 20$ tout frais et une bière encore plus fraîche.

Maintenant, si il advenait qu’il y ait un curandero dans la ville, la fin de l’histoire est un peu différente :
La victime viens voir le curandero et demande de l’aide. Il n’est jamais évoqué de payer quoi que ce soit. Le curandero va prendre des « espigas de maiz » (foin d’épis de maïs), les brûler avec une allumette, mélanger les cendres dans l’eau et faire boire la victime.
En quelque minutes, la migraine sera partie. La victime mettra une claque dans le dos du curandero, lui serrera la main et s’en retournera.
Le curandero a dépensé un allumette, du parfaitement bon foin de maïs utilisé plus généralement pour les problèmes urinaires.

(Ne vous attendez pas à devenir riche en tant que curandero mes amis.)

Ce scénario et plusieurs similaires se sont déroulés dans mon voisinage il y a deux ans.

Une famille entière de brujos/brujas ont emménagé venus du Nord Mexique.
C’était avant que je ne devienne « public » en tant qu’herboriste, bien que plusieurs familles sachent ce que je faisais.
En peu de temps j’avais de nombreux cas de maux de tête, d’estomac, coliques et de perturbations mentales, qui ne pouvaient être attribuées à des sources organiques ou environnementales.
Finalement, le terme de brujo fut mentionné.
J’ai situé la maison de la famille et ressenti un malaise très distinct.
Ayant une expérience dans les techniques de surveillance policières, j’ai gardé la maison sous observation plusieurs nuits.
En fouillant leurs poubelles un soir, j’ai retrouvé beaucoup de foin de maïs, des poupées de paille, des piments ouverts sans graines, et bien trop de têtes de poulet.
Pendant deux ans j’ai contré les malédictions du voisinage à la grande frustration des brujos/brujeras de la 27è rue.
Quand une femme enceinte s’est plainte de sensation de froid dans le ventre, j’ai pratiqué une barrida, un nettoyage rituel du corps. Je lui ai aussi fait boire un thé de feuilles de framboisier pour lui tonifier l’utérus.
Elle est allée voir son docteur qui suggéra qu’elle avait de simples spasme pré-naissance. I avait raison d’une certaine façon.
Elle se remis et eut une petite fille en pleine santé.
Quand un camionneur s’est plaint d’une vision troublée, et que des test médicaux n’ont rien trouvé, j’ai utilisé de l’eau de pétales de rose (faite avec de l’eau bénite) pour lui laver les yeux.
Il a maintenant une meilleure vue que moi !
Quand une jeune femme s’est plainte d’une douleur dans les seins (et que les test médicaux n’ont rien donné), je l’ai fait dormir avec un emplâtre de farine de maïs, piment chili et de sel sur la poitrine.
La douleur à disparu en une nuit.
(Elle m’a aussi dit que j’avais augmenté la sensibilité sexuelle de ses tétons. Je pense que j’ai dû virer tout rouge).
Quand un coupe de retraités s’est plaint de bruits nocturnes dans leur maison, j’ai balayé la maison avec du sel de mer.
Plus de bruits.
Un couple m’amena leurs fils et leur fille adolescents.
Je connaissais bien les deux enfants et les appréciait. Ils souffraient de cauchemars affreux. Leur notes en souffraient tout autant que leur santé.
J’ai dû aller chercher conseil auprès de ma mère sur ce coup-là.
Elle m’a appris à faire un dreamcatcher (talisman) en utilisant du romarin et de la busserole.
Je dis aux enfants de garder le talisman près de leur lit. Vous avez deviné. Les cauchemars ont stoppé.
La pleine lune suivante je leur ai fait bruler les talismans. C’est supposé pouvoir retourner les mauvais rêves à qui les a envoyé.
J’ai repris ma surveillance le matin suivant. Nos voisines les sorcières ne semblaient pas très fraiches.
Je suppose que ça ne devrait pas me faire plaisir … mais je me suis bien fendu la gueule.

Finalement, les brujos ont découvert qui prenait l’argent de leur poches.
Je suis devenu très malade pendant plusieurs mois, finalement offrant à ma femme un petit émeraude de fiançailles (je ne pouvais pas m’en offrir un il y a vingt ans) et écrivit mon testament le même jour.
Un jour d’hiver, je me suis trainé hors du lit dans l’arrière coure.
Notre chat tout noir Cinders, était en train de déterrer quelque chose sous la fenêtre de ma chambre.
J’ai trouvé une poupée d’argile avec des formes me ressemblant. Pressé dans le dos de la poupée était un grain de maïs noir. Dans la poupée il y avait une bandelette digitale de mes tests de diabète que j’utilise pour vérifier mon niveau de sucre. Il y avait bien sur mon sang dessus.
Je me suis débarrassé de la poupée dans de l’eau courante. Malheureusement, à ce moment, ma santé était si mauvaise que je n’ai ressenti aucun soulagement physique.
Cela a pris une semaine entière de cercle de soin réalisé par mes élèves pour m’aider à retrouver le chemin de la rémission. (Vous vous demandez pourquoi j’aime tant ces jeunes gens ?)
C’est comme cela jusqu’à aujourd’hui. Les attaques de sorcellerie ont diminué dans le voisinage.
Ma santé est toujours faible mais en amélioration et les brujos ont dû trouver un emploi honnête.

Habituellement à ce moment, la question qui est posée est :  « comment savoir quelle maladie est naturelle de celles causées par une autre source ? »
Ce n’est pas aussi dur qu’il n’y parait, surtout si vous êtes nés d’une culture comme la mienne.
Tout d’abord, il y a les individus qui ont envie de croire que tous leurs malheurs où période de mauvaise chance où déceptions personnelles sont causées par la sorcellerie.
S’ils pensent que TOUS leurs problèmes sont à cause de la magie, ça ne l’est probablement pas.
Si après plusieurs sessions de discussion, il n’y a absolument aucune raison soit organique où psychologique pour les troubles émotionnels, de la personnalité où de la santé… alors et seulement alors vous pouvez considérer la sorcellerie comme une possibilité.
Un examen minutieux doit être fait des collègues, amis, ex-amants, et de la famille…en incluant les enfants.
Si je pense que j’ai affaire à une situation avec de la magie, je ne crois pas à l’intimité.
Je lis les lettres, les agendas, les emails, tout ce qui pourrait confirmer mes suspicions.
Oui, j’ai découvert que collègues, amis, ex-amants, famille et les enfants peuvent être tentés par les aspects plus sombres de la magie.
Certains le font innocemment, d’autres y prennent goût, et prennent même du plaisir à causer des problèmes à ceux qu’ils connaissent bien.
Une fois que j’évalue qu’une situation a un contexte magique, je dois consulter mes clients sur ce qu’il où elle voudrait faire.
Cela peut aller de la simplicité de faire un dreamcatcher au danger d’un exorcisme à domicile.
Nous avons tous dans l’idée que la magie pourrait rendre notre vie plus facile. Ca ne le fait pas.
C’est un pouvoir qui nous tente de faire du bien sans suffisamment d’informations quant aux contres effets.
Certains de mes étudiants me demandent si je suis tenté d’utiliser la magie.
J’espère que vous ne penserez pas moins de moi…mais la réponse est non.
Mon entrainement et mon éducation m’ont purgé de cela.
J’ai une très saine peur de la magie.

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